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Combien de temps consacrez-vous à la réécriture ? La clé pour maîtriser l'écriture

L'écriture est une compétence répandue de nos jours. Chacun rédige des e-mails, des tweets ou des SMS. Pourtant, peu peuvent se prétendre écrivains professionnels.

La différence majeure réside dans la proportion de réécriture. Pour les non-professionnels, elle représente environ 10 à 20 % du temps. Chez les écrivains sérieux, ce ratio grimpe à 50-90 %, selon le genre et l'enjeu du texte.

Interrogez un auteur confirmé : certains paragraphes lui ont pris cinq minutes à esquisser, mais des heures, voire des jours, à peaufiner. Cela équivaut à 99 % de réécriture. Pour les rédacteurs web, c'est en moyenne 75 % ; pour les éditoriaux de presse, jusqu'à 99 % ; et pour les blogs personnels, autour de 50 %.

Ce qui compte, ce n'est pas combien vous écrivez, mais combien vous réécrivez

La réécriture est le secret d'une écriture d'excellence. Lire à haute voix renforce son efficacité.

Cependant, chronométrer ces heures est ardu, comme vous le verrez bientôt.

L'écriture obéit à la règle des 10 000 heures de maîtrise, popularisée par Malcolm Gladwell dans Outliers : l'histoire du succès. Il faut environ 10 000 heures de pratique délibérée pour exceller dans un domaine.

Gladwell s'appuie sur des vies de génies comme les Beatles ou Bill Gates. Une étude des années 1990 par un psychologue berlinois a analysé des violonistes : tous commençaient à 5 ans, mais à 20 ans, les élites cumulaient plus de 10 000 heures, contre 4 000 pour les moins performants.

Aucun « talent naturel » n'émergeait : la réussite corrélait strictement avec les heures investies.

Un écrivain prolifique produit 1 000 mots par heure. 10 millions de mots pourraient sembler suffisants pour la maîtrise – soit 10 ans à raison de 4 heures par jour, 250 jours par an. Mais non : seule la réécriture compte, comme l'observe Venkatesh Rao, auteur de Tempo, dans une discussion éclairante sur Quora.

Écrire est aisé pour tous, surtout en mode décontracté. Réécrire ? Une torture. Pourtant, c'est elle qui forge l'excellence.

La réécriture est le seul type d'écriture qui compte

Sans réécriture, pas de progrès. Atteignez 10 000 heures de ce labeur, et vous serez un écrivain accompli.

Êtes-vous doué pour la réécriture ? Testez-vous avec ce défi de Rao : prenez un texte de 1 000 mots satisfaisant. Réécrivez-le obsessivement, jusqu'au moindre mot ou virgule. Si cela prend moins de 4-5 heures pour des améliorations marginales, vous avez du chemin à faire.

La réécriture n'est pas une corvée mécanique : c'est un art exigeant. L'écriture initiale s'améliore aussi avec l'expérience.

Conclusion

La réécriture requiert patience et pratique. Au début, vous n'atteindrez que 10 % de temps dédié. Progressivement, vous enchaînerez 5 heures d'édition.

Pour les pros, 10 000 heures peuvent prendre 20 ans. Commencez à 13 ans, persévérez : à 23 ans, vous pourriez briller.

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