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L'empathie : pilier indispensable du traitement résidentiel en santé mentale

Dans l'histoire de l'éducation des enfants, aucun parent ne s'est jamais dit : « Aujourd'hui, je vais ruiner mon enfant ! » Pourtant, notre société regorge d'histoires qui nous incitent à juger hâtivement ces parents, sans connaître leur contexte. Un membre de la famille lutte-t-il contre la drogue ou l'alcool ? Une maladie mentale est-elle non traitée ? Depuis combien de temps cherchent-ils de l'aide ?

En services de santé mentale, particulièrement en traitement résidentiel où l'on affronte des comportements complexes, il est essentiel de dépasser les apparences pour cultiver la compréhension. Quel que soit le regard extérieur, tous les parents partagent un point commun : ils aiment leurs enfants du mieux qu'ils le peuvent.

Comprendre et collaborer avec les parents

Il est tentant de s'agacer face à des parents difficiles à contacter : ils ne répondent pas aux appels, manquent les réunions ou la thérapie, et peinent à organiser des visites. Quand ils participent, ils paraissent souvent en colère ou distants.

En réalité, nombre d'entre eux sont épuisés. Ils ont lutté contre les comportements de leur enfant, les services sociaux, l'école, les voisins, la police, et parfois leur propre conjoint. Au moment où ils obtiennent enfin l'aide espérée, ils n'ont plus la force de se battre.

Les parents se sentent souvent impuissants face à l'aggravation progressive des troubles de leur enfant. Certains protègent leurs autres enfants, d'autres tentent d'éviter les dérives destructrices. Ils ont entendu à maintes reprises qu'ils devaient être plus stricts, plus souples, plus attentifs ou adopter une nouvelle approche.

Trop souvent, la faute est imputée aux parents. Pourtant, beaucoup ont sollicité de l'aide sans succès, parcouru des démarches administratives interminables et cherché des ressources adaptées pendant des mois, voire des années.

Soutenir les familles en traitement résidentiel

En traitement résidentiel, nous valorisons les efforts des parents pour aider leur enfant, indépendamment de leur attitude initiale. Offrons-leur un répit : laissez-les s'exprimer, se défouler, abandonner leurs armures. Permettez-leur de pleurer la perte de leurs rêves parentaux.

Notre rôle, en tant que professionnels de la santé mentale, est de les aider à baisser la garde et de les rassurer : nous combattons à leurs côtés. La confiance se bâtit progressivement, comme avec l'enfant. Ne prenez pas leur méfiance personnellement ; pour eux, nous représentons un système qui les a souvent blâmés et contraints à se battre.

Souvenez-vous que les parents ont besoin de temps pour guérir. Ce n'est pas un manque d'amour, mais d'énergie. Accordez-leur le droit de respirer et de se ressourcer. Ils reviendront motivés pour reconstruire leur famille avec vous.


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