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Traverser les étapes du deuil : un parcours personnel vers la guérison relationnelle

En grandissant, je me croyais endurcie face à la mort et à la perte. J’avais vécu plusieurs décès d’êtres chers dès mon jeune âge. Ainsi, lorsqu’un nouveau membre de la famille nous quittait, bien que triste, je connaissais ces émotions par cœur et m’en remettais rapidement.

Ce n’est qu’à vingt ans, pendant mes études universitaires, que j’ai vraiment commencé à appréhender la perte autrement. Mon oncle s’est suicidé. Cette perte, immense et inédite, m’a submergée, mais je l’ai surmontée. Pourtant, sa mort a déclenché un effet domino dans la famille. Chacun a réagi différemment, altérant profondément ma relation la plus intime : celle avec ma mère.

J’avais toujours été la fille à sa maman, mais cette épreuve transforma notre lien. Nous peinions à nous reconnecter comme avant. Perplexe face à ces changements, je consultai un thérapeute pour gérer ces émotions. Il me dit : « Il est normal de pleurer la perte de la relation avec votre mère telle que vous la connaissiez. » Ma première réaction ? « Comment pleurer une relation alors que ma mère est encore là ? »

Les cinq étapes du deuil

Mon thérapeute m’encouragea à tenter l’exercice. Pendant des mois, elle me guida à travers les cinq étapes du deuil :

  1. déni et isolement,
  2. colère,
  3. négociation,
  4. dépression,
  5. acceptation.

Elle m’aida à apprivoiser cette perte. À l’issue de la cinquième étape (acceptation), je découvris de nouvelles façons de me connecter avec ma mère et appris à poser des limites saines.

Le deuil, un compagnon qui évolue

Le chagrin a une façon insidieuse de resurgir, sans jamais disparaître totalement, mais en se transformant. Il vient par vagues, refluant et affluant avec le temps. J’apprécie particulièrement la conférence TED de Nora McInerny, où elle explique qu’on n’avance pas loin du deuil, mais avec lui.

C’est ce que j’ai fait avec ma mère : j’ai avancé à ses côtés. Je chéris le passé tout en aimant et respectant ce qui est aujourd’hui, avec ses différences. Un souvenir peut susciter sourires et larmes. Le deuil ne se limite pas à la mort : il touche les relations, activités, traditions, routines et modes de vie.

En repensant aux 22 derniers mois, nul doute que vous avez vécu ou été témoin d’une perte. Nos expériences diffèrent, mais je vous invite à explorer les étapes du deuil pour goûter au soulagement et à la sérénité de l’acceptation.

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