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Recadrer le trouble lié à l'usage de substances : une maladie chronique à gérer efficacement

Le mois de mai, dédié à la sensibilisation à la santé mentale, est l'occasion idéale de célébrer les avancées majeures en matière de compréhension, d'acceptation et de prise en charge des troubles mentaux. Notre société a largement abandonné l'idée que la dépression, l'anxiété ou le TDAH sont des anomalies. Désormais perçus non plus comme des faiblesses morales, mais comme des maladies chroniques, ces troubles sont gérés comme le diabète ou l'hypertension : via des traitements médicamenteux adaptés et des modes de vie sains, intégrés à la médecine générale.

Cependant, un obstacle persiste : le trouble lié à l'usage de substances (TLUS), souvent qualifié de « dépendance », reste mal compris, stigmatisé et sous-traité. Les stéréotypes péjoratifs (« ivrogne », « junkie », « accro ») perdurent, entraînant des conséquences juridiques et sociales graves. Les personnes affectées sont marginalisées, perpétuant un cercle vicieux d'ignorance et de mépris sociétaux.

Maladie chronique vs. choix de vie

Vu sous l'angle des maladies chroniques, le sous-traitement du TLUS est criant. Plutôt que de le réduire à un simple choix de vie, il convient de le recadrer comme une maladie cérébrale chronique et récurrente, marquée par une consommation compulsive malgré les conséquences néfastes. Comme pour toute maladie chronique, le TLUS ne se guérit pas, mais se gère efficacement. Prenons l'exemple du diabète : on ne l'éradique pas par un séjour hospitalier court ; il exige une gestion médicamenteuse et comportementale à vie.

Dans le TLUS, la rechute est souvent vue comme un échec, menant à l'exclusion des soins. Imaginez traiter une seconde crise cardiaque comme une faute impardonnable ! Les professionnels hésitent parfois à suivre ces patients, craignant la stigmatisation. Cette approche est aussi irrationnelle que de refuser des hypertendus par peur de l'association.

Gérer le TLUS comme une maladie chronique

Tout au long de ce mois, promouvons la vision du TLUS comme maladie chronique. Les progrès en diabète (de l'insuline des années 1940 à une panoplie de traitements modernes) ou en hypertension (réduisant les lésions rénales) montrent le chemin. Appliquons-le au TLUS.

Nous devons investir dans cette cause. Contrairement aux autres chroniques, les traitements du TLUS sont embryonnaires : seuls l'alcool, le tabac et les opioïdes disposent de médicaments approuvés par la FDA. Rien pour la cocaïne, la méthamphétamine ou le cannabis. La sensibilisation favorise l'innovation. Reconnaissons le TLUS comme une maladie chronique touchant tous, sans distinction d'âge, de sexe ou de classe sociale.


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