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La guérison n'est pas linéaire : un rappel essentiel pour les parents adoptifs

Un ami m'a récemment laissé un message vocal désespéré de 10 minutes. Il s'agit d'une mère adoptive d'un autre État, rencontrée dans un groupe de soutien Facebook. Elle est sur le point de finaliser l'adoption de sa fille de 13 ans. En voyant la durée du message, j'ai su qu'elles avaient vécu une journée difficile. Nous partageons souvent nos défis et nos joies après nos propres épreuves.

Le message disait à peu près ceci : « Chérie, j'ai complètement perdu mon sang-froid aujourd'hui. Nous passions une si bonne semaine ! Je lui ai même offert une crème glacée et nous avons partagé des moments incroyables. Puis, le lendemain, elle a recommencé à agir de manière agressive. Je lui ai crié dessus, et je ne suis pas fière. Parfois, je pense que Dieu s'est trompé de personne. Parfois, je m'endors en espérant ne pas me réveiller, car je me sens trop faible pour cela. »

Se sentir comme un échec

J'ai connu cet état d'esprit, me demandant si j'avais la force de continuer une heure de plus. Cette émotion s'accompagne souvent de honte : « Je ne peux pas y arriver… Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Je suis faible… Mon enfant adoptif mérite mieux. J'ai envie d'abandonner… Je suis un échec. »

Je me souviens d'un épisode avec l'un de mes anciens enfants adoptifs. Après une longue période de symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT) épuisants, nous vivions des jours paisibles et heureux à la maison. Je me sentais encouragée. Puis, un appel de l'école signale des « comportements obscènes » ; je devais être prête à intervenir si cela devenait ingérable. (Note : ces symptômes étaient parfois vus comme de simples « mauvais comportements », mais nous connaissions son histoire traumatique. Cela n'en rendait pas moins la situation frustrante et épuisante.) Étrangement, malgré son jeune âge (école primaire), je me suis sentie trahie. Simulait-elle le bon comportement à la maison ? Y avait-il un côté caché ? Récompensais-je inconsciemment de mauvais agissements ? Tout sera-t-il un jour facile ?

Je tiens à nous rappeler à tous que la guérison n'est pas linéaire. C'est ce qui la rend si décourageante. Nous rayonnons de joie face aux victoires de nos enfants, relâchons la pression… et une nouvelle tempête surgit. Nous devons nous équiper et traverser l'orage, nous sentant souvent épuisés.

Mais cela ne signifie pas que la guérison n'avance pas. Elle est stratifiée, multifacette et complexe. Le traumatisme est profond, tout comme la guérison. Cela demande du temps, de l'apprentissage, des questions et une curiosité sincère sur la façon dont nos enfants perçoivent le monde. Nous devons donc faire preuve de patience, de résilience et de courage.

Le parcours de guérison

Si vous n'avez pas lu The Body Keeps the Score de Bessel van der Kolk, M.D., je vous le recommande vivement. L'auteur y explique :

« Les gens peuvent apprendre à contrôler et modifier leur comportement, mais seulement s'ils se sentent assez en sécurité pour expérimenter de nouvelles solutions. Le corps garde le score ; si le traumatisme est encodé dans des sensations déchirantes, notre priorité est d'aider les gens à sortir des états de combat ou de fuite, à réorganiser leur perception du danger et à gérer les relations… Tant que nous nous sentons en sécurité auprès des cœurs et esprits de ceux qui nous aiment, nous escaladerons des montagnes et traverserons des déserts… Les enfants et adultes feront n'importe quoi pour ceux en qui ils ont confiance. » (p. 351-352)

Notre plus grand héritage sera l'amour, mais aussi notre plus grand défi. Aimer et s'occuper de quelqu'un de proche n'est jamais facile – ni pour nous, ni pour les autres. La guérison demande plus que l'amour ; elle commence par le chemin parcouru ensemble, qui éveille un sens du but et de la détermination, même les jours les plus sombres. Cela fait partie de l'amour.

Soyez patients avec la guérison. Ne minimisez pas les bons jours parce que des jours difficiles surgissent. Chaque tempête est une opportunité de guérison plus profonde. Les comportements ont une racine, souvent un traumatisme chez les enfants placés ou adoptés. Gérez-les avec des conséquences adaptées, sans les rejeter. Restez encouragés : un jour, vous traverserez une tempête plus vite, votre enfant remportera une victoire, et vous aurez créé un environnement propice à leur épanouissement.

La guérison n'est pas linéaire, mais elle est belle.


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