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Soupes d'hiver réconfortantes : recettes expertes de Hugh Fearnley-Whittingstall

Rien ne vaut un bol de soupe pour réchauffer l'hiver, affirme Hugh Fearnley-Whittingstall, chef et expert culinaire reconnu pour son expertise en cuisine durable et saisonnière. Soupes d hiver réconfortantes : recettes expertes de Hugh Fearnley-Whittingstall

Certaines personnes se moquent de la soupe. Le gourou du design Stephen Bayley l'a qualifiée d'« excuse pour la nourriture », avec un « caractère inquiétant et sournois ». Il a tort, bien sûr, mais on comprend son problème : la soupe ne s'empile pas facilement.

Dans ma cuisine, en revanche, elle s'empile avec satisfaction ! Je la trouve très gratifiante, à la fois à préparer et à déguster. Bien réalisée, elle répond parfaitement au désir de nourrir la famille avec un plat simple, nourrissant et apaisant. À un niveau fondamental, la soupe nous ramène aux sources : sa présence universelle à travers continents et cultures en fait presque un besoin humain primal. Les Français ont leurs consommés et veloutés ; les Japonais, leurs bouillons parfumés aux nouilles ; les cuisiniers du Moyen-Orient, leurs mélanges épicés riches en légumineuses. Sans oublier les plats paysans d'Europe et d'Amérique du Sud : ribollitas épaisses au pain, cocidos chargés de légumes ou succotashes au maïs, incarnations de l'économie et de la générosité.

Des générations de cuisiniers à travers le monde ne peuvent pas se tromper. Loin d'être le refuge des sans-imagination, les soupes invitent à une créativité culinaire spontanée. Copieuses, simples et économiques – idéales pour valoriser restes et ingrédients du placard –, elles demandent néanmoins du savoir-faire : choisir les bons ingrédients (et en omettre certains), obtenir la texture idéale (soyeuse pour un dîner chic, épaisse pour une nuit froide), et assaisonner avec précision pour un résultat irrésistible.

Aucune soupe ne devrait être identique. Je ne donne pas de recettes rigides, car vos goûts et le nombre de convives guident les ajustements. Quelques principes de base s'imposent toutefois : un bon bouillon maison (ou un excellent bouillon bio frais) est essentiel pour la plupart.

Même les soupes à base d'eau intègrent la sainte trinité des légumes d'office – oignon, céleri, carotte – pour une saveur de fond solide. J'ajoute rarement une feuille de laurier et/ou un brin de thym pour la profondeur aromatique. Le temps est l'ingrédient clé : une cuisson lente bénéficie à tous les bouillons, soupes ou ragoûts, et ils sont souvent meilleurs le lendemain, grâce à l'alchimie des saveurs qui se fondent.

Voici trois (ou quatre) de mes soupes d'hiver favorites, auxquelles je reviens fidèlement par temps froid. Elles réchauffent, réconfortent et valorisent les légumes-racines abordables de saison. La soupe à l'oignon impressionne élégamment ; la « moitié-moitié » amuse (chacune délicieuse seule) ; le bouillon de faisan clôt magistralement la saison de chasse.

Comme chantait la Fausse Tortue : « Qui pour de telles friandises ne se baisserait pas ? Soupe du soir, belle soupe ! »

Soupe à l'oignon anglaise

Version anglicisée de la classique française, enrichie de cidre du West Country pour une profondeur irrésistible. Pour 6 personnes.

60 g de beurre non salé
1,5 kg d'oignons, pelés, coupés en quatre et tranchés
4-5 gousses d'ail, pelées et tranchées
1 feuille de laurier
Quelques brins de thym frais
150 ml de cidre sec
750 ml de bouillon de poulet
750 ml de bouillon de bœuf
1-2 c. à soupe d'huile de colza
12-18 feuilles de sauge
4 tranches de pain au levain, grillées
120 g de cheddar râpé

Faire fondre le beurre dans une grande casserole à feu moyen-doux. Ajouter les oignons et les faire suer lentement jusqu'à ce qu'ils soient tendres, translucides et dorés, environ 45 minutes. Incorporer l'ail, le laurier et le thym, cuire 5 minutes, puis verser le cidre et laisser réduire en glaçage (environ 3 minutes). Retirer les herbes, ajouter les bouillons et mijoter 20 minutes. Assaisonner.

Chauffer l'huile de colza dans une petite casserole, frire la sauge 30 secondes jusqu'à croustillante, puis l'ajouter à la soupe.

Préchauffer le gril à vif. Verser la soupe dans des bols résistants à la chaleur, garnir d'une tranche de pain grillé, saupoudrer de cheddar et gratiner jusqu'à ce que le fromage fonde et bouillonne.

Soupe moitié-moitié

Deux soupes dans un même plat. Gardez-les épaisses pour qu'elles ne se mélangent pas. Pour 6 personnes.

Pour la soupe aux trois racines

1 c. à soupe d'huile de colza
20 g de beurre
1 gros oignon, pelé et haché
2 branches de céleri hachées
2 gousses d'ail, pelées et hachées
1 c. à café de feuilles de thym frais
250 g de céleri-rave (poids pelé), en morceaux
3 panais moyens, pelés et en morceaux
1 pomme de terre moyenne, pelée et en morceaux
Sel et poivre noir moulu

Pour la soupe aux lentilles

2 c. à soupe d'huile végétale
2 oignons, hachés
1 carotte, pelée et hachée
2 c. à café de graines de coriandre
1 c. à café de graines de carvi
1 c. à café de paprika fumé
2 gousses d'ail, pelées et hachées finement
350 g de lentilles rouges sèches
1,5 l d'eau
Sel et poivre noir moulu

Pour la soupe aux trois racines : chauffer huile et beurre dans une grande casserole à feu moyen-doux. Ajouter oignon, céleri, ail et thym, suer 5 minutes. Incorporer céleri-rave, panais et pomme de terre, cuire 3-5 minutes. Couvrir d'eau (quelques cm au-dessus), porter à ébullition, puis mijoter 20-30 minutes jusqu'à tendreté.

Mixer en purée lisse. Remettre en casserole (diluer si trop épais avec bouillon ou eau). Rectifier l'assaisonnement et réchauffer.

Pour la soupe aux lentilles : chauffer l'huile à feu doux, suer oignons et carotte 10 minutes jusqu'à tendreté.

Griller coriandre et carvi dans une petite poêle jusqu'à parfumés, moudre finement. Ajouter la moitié aux légumes avec paprika et ail, remuer 1 minute. Verser lentilles et eau, bouillir 10 minutes, puis mijoter couvert 15 minutes. Mixer lisse (ajouter eau si besoin). Réchauffer et assaisonner, plus d'épices au goût.

Verser chaque soupe dans les bols, arroser d'huile de colza, poivrer et servir.

Soupe épaisse de faisan et haricots

Idéale pour les restes de faisan (ou autre volaille/gibier). Haricots pinto bio ou autres secs ; en conserve si pressé. Pour 2-3 personnes.

150 g de haricots pinto ou borlotti secs, trempés overnight
2 c. à soupe d'huile d'olive
1 oignon, pelé et haché finement
2 branches de céleri finement hachées
1 grosse carotte, pelée et finement hachée
2 gousses d'ail, pelées et hachées finement
1 petit verre de vin blanc
Viande de faisan cuite, hachée ou effilochée (~200 g)
500 ml de bouillon (poulet, gibier ou légumes) et/ou jus de cuisson
1 feuille de laurier
1 brin de thym (facultatif)
Sel et poivre noir moulu
Huile d'olive extra-vierge

Égoutter les haricots, les cuire dans de l'eau jusqu'à tendreté (~1 h). Égoutter.

Chauffer l'huile dans une cocotte. Suer oignon, céleri, carotte et ail 10-12 minutes. Ajouter vin, réduire de moitié. Incorporer haricots, faisan, bouillon et herbes, bouillir puis mijoter 10-20 minutes.

Retirer herbes. Mixer partiellement pour épaissir (mixeur plongeant, robot ou pilon). Assaisonner, servir chaud avec huile d'olive généreuse et pain.

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