Comme le rappellent fièrement les enseignes McDonald's avec leur slogan « des milliards servis », Ray Kroc avait vu juste en 1955 : les Américains adorent leurs hamburgers. Notre passion pour ce plat n'a cessé de croître. Selon l'USDA, les Américains consomment près de 50 milliards de hamburgers par an, soit une moyenne de 2,4 par jour et par personne. C'est l'aliment star des barbecues, des portions généreuses dans les diners américains, et l'un des plus emblématiques et polyvalents.
Imaginez la diversité des burgers : bœuf haché, bison, porc, dinde, poulet ; ou végétariens à base de haricots, lentilles, et alternatives végétales imitant la viande. Sans oublier les garnitures infinies au-delà de la laitue, tomate, oignon, fromage et bacon : beurre de cacahuète, wasabi, œuf au plat...
Avant d'explorer l'inventeur du hamburger, comprenons d'abord l'origine de son nom.
Le terme « hamburger » n'a rien à voir avec le jambon. Son nom révèle ses racines. Contrairement au mythe, il n'est pas né à Hambourg, en Allemagne, mais les émigrants de cette ville y ont contribué.
George Motz, auteur de Hamburger America et réalisateur du documentaire éponyme – considéré par le New York Times comme la plus grande autorité sur le sujet –, explique que les « Frikadellen » (boulettes de bœuf haché) de Hambourg sont devenues aux États-Unis le « steak de Hambourg » ou « steak haché ». Servi avec sauce, oignons et pommes de terre, c'était un plat raffiné à l'époque, en raison de la rareté de la viande, selon Colin M. Caplan, historien et guide chez Taste of New Haven (Connecticut).
Manque le pain ? Il viendra plus tard.
La viande hachée cuite sur pain remonte à l'Antiquité. Le premier écrit en témoigne dans le livre de recettes de Caelius Apicius (Ier siècle) : gibier haché aux noix, páté et servi sur pain, note Motz.
Le steak tartare (sans « e ») des nomades tartares, à base de mouton cru, a traversé la Baltique jusqu'à Hambourg, où il est devenu du bœuf cuit.
Le hamburger tel que nous le connaissons est une invention américaine. Il émerge dans les foires du Midwest (1870-1890), avec l'arrivée d'immigrants allemands. « L'invention s'est produite simultanément en plusieurs endroits », précise Motz. La saucisse de Francfort, populaire dix ans plus tôt, a pavé la voie au burger sur pain.
Hot-dogs et hamburgers cuits côte à côte ? Un clin d'œil historique.
Louis' Lunch à New Haven (Connecticut), fondé par Louis Lassen, est souvent cité. « Nous pensons que le premier sandwich hamburger date de 1900 », dit Caplan. Motz confirme : c'est le plus ancien stand intact (plus de 125 ans), bien que Lassen ne soit pas l'inventeur absolu. Un client pressé pour un train l'aurait demandé en sandwich. Toujours sans ketchup – une hérésie !
Le hamburger précède le cheeseburger, mais de peu. Motz attribue sa création à Bob Wian au Rite Spot (prédécesseur de Bob's Big Boy, Californie, années 1920) : une tranche de fromage sur une galette brûlée.
Hot-dog : sandwich ou pas ? La débat continue...
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