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Morceaux brisés : Gérer les explosions de colère chez les enfants adoptés et placés en famille d'accueil

J'ouvris la porte de ma chambre, les mains tremblantes. Le couloir était jonché d'éclats de miroir brisés. Dans un accès de rage incontrôlable, mon fils avait détruit tout ce qui lui tombait sous la main dans sa chambre. Mon mari et moi nous étions réfugiés dans notre pièce jusqu'à ce que la tempête passe. Mieux valait rester en sécurité, en appelant doucement de l'autre côté de la porte :

"Ça va ?"
"Qu'est-ce qui s'est passé ?"
"Tu es en sécurité ?"
"S'il te plaît, arrête. Nous sommes là pour toi !"

(Note : durant ces crises de rage, les mots ont peu d'effet, nous le savions. Mais nous ne pouvions rester silencieux, comme le feraient tant d'autres parents.)

Notre fils quitta les lieux et sortit. Trouver du réconfort dehors faisait partie de notre plan de soins depuis son arrivée chez nous, à 12 ans, en tant qu'enfant adopté. Lors de ces épisodes, il avait le droit de sortir se promener jusqu'à ce qu'il se calme.

Debout dans le couloir, face aux éclats de verre scintillant au plafond, sur les murs et la lumière, je reculai et tombai à genoux, l'adrénaline retombant. Comment aider notre fils ? Comment assurer la sécurité de tous, lui y compris ses frères et sœurs ? Mais comme toute maman, je savais que ces morceaux incarnaient son cœur : brisé, déchiqueté, apparemment irréparable.

Je n'ai pas toujours réagi ainsi

Au début de ces épisodes, je protégeais farouchement la maison, ma colère montant au diapason de la sienne. Je le suppliais d'arrêter, tentais de lui barrer la route tandis qu'il saccageait pièce après pièce. Nous avons même appelé la police une fois, alors qu'il menaçait de détruire la cour du voisin et refusait toute raison. L'officier le retrouva à un demi-mille et le ramena. Je me sentais coupable, pensant l'avoir abandonné. Heureusement, l'officier resta 30 minutes, prononçant des mots sages et encourageants. Cela changea tout : nous n'avions pas échoué, et notre fils vit combien de personnes le soutenaient.

Après plusieurs crises, j'entendis des gémissements doux en sortant de sa chambre apaisée. Parfois, des pleurs. Une fois, près de sa porte, je perçus à travers ses larmes : « Tu fais toujours ça ! Tu t'emmêles ! Tu as tout gâché ! »

Ce fut un déclic. Être proactive devint essentiel. Suivant mon instinct, je pardonnais vite, aimais sans réserve et lui rappelais sa vraie valeur. Je repensais à une formation en accueil familial : la colère n'est qu'un voile sur la peur et la tristesse. Derrière, une émotion plus profonde. Dès lors, face à sa rage, je me disais : « Mon fils est triste. Mon fils a peur. »

Changer mon état d'esprit

J'appris à le combler de positives le reste du temps. « Tu es quelqu'un de bien. Un bon frère. Intelligent, réfléchi, sage, perspicace. » J'améliorai mes questions : non « Pourquoi es-tu en colère ? », mais « Je vois que ça va mal. Veux-tu frapper le sac de boxe, tirer au panier ? Un câlin ? De l'eau ? » (Conseil : offrez un sac de frappe ou un panier de basket aux enfants à expressions explosives !)

En deux ans, ses progrès sont stupéfiants. À lui l'honneur : il choisit mieux ses comportements, s'ouvre sur ses émotions, reconstruit la confiance (travail en cours) et exploite son potentiel avec détermination. Lettres en football, mention en anglais, bons amis, maîtrise de sa santé physique.

Écrivant ces lignes, les larmes coulent. Je lui texte : « Je t'aime. Fier d'être ta maman. Je vois tout le bien que tu fais. » Il ne répondra pas, mais j'espère qu'il le sait. Quel chemin parcouru en famille !

Accueillir des adolescents à expressions explosives est ardu, voire dangereux. C'est effrayant. Mais à ceux qui peuvent : saisissez l'occasion. Persévérez, cherchez du soutien, et vous pourriez transformer une vie.

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