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Dépression chez l'adolescent : au-delà de l'angoisse passagère ?

L'adolescence est une période tumultueuse pour les jeunes comme pour leurs parents. Les sautes d'humeur liées aux bouleversements hormonaux, les conflits d'autorité, le stress scolaire et social, ainsi que l'émergence de l'indépendance peuvent s'avérer difficiles à gérer.

Mais quand cette morosité dépasse-t-elle le cadre d'une simple crise adolescente pour signaler une dépression ? Quels signes les parents doivent-ils surveiller, et comment intervenir efficacement ?

La dépression chez les adolescents est un problème bien réel. Selon l'Institut national de la santé mentale (NIMH), environ 11 % des adolescents souffrent d'un trouble dépressif majeur avant 18 ans. L'Alliance nationale pour les maladies mentales (NAMI) estime qu'un adolescent sur cinq sera touché par la dépression au cours de cette période.

Les parents doivent particulièrement guetter les symptômes de dépression décrits par l'American Psychiatric Association dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) :

  • Humeur persistante triste, anxieuse ou "vide"
  • Sentiment de désespoir ou de pessimisme
  • Sentiments de culpabilité, d'inutilité ou d'impuissance
  • Perte d'intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles, y compris les loisirs et les relations sexuelles
  • Diminution de l'énergie, fatigue chronique ou sensation de ralentissement
  • Difficultés de concentration, de mémoire ou de prise de décision
  • Insomnie, éveil précoce ou hypersomnie
  • Perte d'appétit et amaigrissement, ou boulimie et prise de poids
  • Pensées suicidaires ou tentatives de suicide
  • Agitation ou irritabilité
  • Symptômes physiques persistants inexpliqués (maux de tête, troubles digestifs, douleurs), non soulagés par un traitement médical.

Ces signes peuvent être plus subtils chez les enfants et adolescents. Selon le NIMH, les jeunes enfants déprimés se plaignent souvent de maux physiques, refusent l'école, s'accrochent excessivement ou craignent la mort d'un proche. Les plus âgés boudeurs, négatifs ou incompris, risquent des troubles scolaires. La NAMI note que les écoliers primaires expriment souvent leur mal-être par des plaintes somatiques, tandis que les adolescents peuvent devenir agressifs, abuser de substances, échouer scolairement ou fuguer.

Comment savoir si une aide est nécessaire ? L'Anxiety and Depression Association of America (ADAA) précise : si ces symptômes durent plus de deux semaines et perturbent la vie quotidienne (école, amis, famille), il s'agit probablement de dépression.

Les épisodes dépressifs chez les jeunes durent souvent de quelques mois à plusieurs années, entraînant des difficultés scolaires, relationnelles, un repli sur soi et un risque suicidaire accru (NAMI).

Consultez un médecin sans tarder si vous suspectez une dépression. Une intervention précoce prévient les complications graves comme l'automutilation ou le suicide. Divers traitements existent ; un professionnel guidera votre famille. En cas de risque imminent, appelez le 911 ou les urgences locales.

Vous pouvez soutenir activement votre enfant : respectez le plan thérapeutique, encouragez les échanges ouverts et alertez sur les dangers de l'automédication (alcool, drogues) – conseils NAMI.

Prenez aussi soin de vous et de la famille via un mode de vie sain. Informez-vous sur la dépression et restez vigilant. Consultez les ressources listées ci-dessous pour plus d'aide.


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