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Surmonter la dépression : mon témoignage personnel de persévérance

Je me tenais au milieu de la tempête, à bout de souffle. Roulée en boule sur le sol du salon, je pleurais, me demandant ce que cela ferait d'être à nouveau entière, de sourire sincèrement et de retrouver la joie de vivre. La dépression. Une bataille incessante que j'avais vue frapper tant de personnes autour de moi, mais à laquelle je ne m'attendais pas à être confrontée moi-même.

La plupart me décrivent comme un personnage haut en couleur : gaffeuse et pleine d'esprit, fêtarde, papillon social, positive, fougueuse, généreuse et empathique. Une amie pour tous, amoureuse des animaux, des bébés, de Jésus et de la vie. J'ai tant de raisons d'être reconnaissante : une carrière d'infirmière, un cercle de soutien solide, ma meilleure amie à quatre pattes, le privilège de voyager, et bien plus. Pourtant, rien n'a pu empêcher la dépression de s'installer.

En tant qu'ennéagramme de type 2, le profil de l'aidant généreux, ma vocation est d'aider les autres. Au-delà d'un simple geste comme prêter son parapluie sous la pluie, c'est un mode de vie qui peut vider complètement mes réserves. Le plus grand défi pour un type 2 ? Mettre sa fierté de côté et demander de l'aide. Le jour où j'ai franchi ce pas a changé ma vie à jamais.

Quand il pleut, il pleut

Les années 2020 et 2021 ont été marquées par d'énormes difficultés pour beaucoup. Pour moi, ce furent les plus dures de mon existence. On connaît le dicton « quand il pleut, il pleut », et la vie sait vraiment inonder quand elle s'y met.

Début 2020, j'étais pleine d'enthousiasme pour ma résolution du Nouvel An : #NewYearNewMe. Inscrite à Burn Bootcamp, j'étais impatiente de me recentrer sur ma santé physique. Mais trois semaines plus tard, ma maladresse et un haltère ont mis fin brutalement à cette motivation. Un croisement de jambes malencontreux m'a fait trébucher sur une pile d'haltères, entaillant ma cheville. Épreuve n°1 : cochée.

En février, rupture après trois ans et demi de relation. Épreuve n°2 : cochée doublement.

Mars a apporté la COVID-19, avec ses masques obligatoires, l'isolement, les restrictions sociales, les services de réanimation saturés et les nouveaux vaccins. Épreuve n°3 : triplement cochée. Vous voyez le tableau.

J'ai tenté de maintenir une vie normale en pleine pandémie. Puis, en novembre, le virus a frappé à ma porte, envahissant mon corps et ma maison de ville sans permission. Tout a basculé ; les murs se sont refermés sur moi.

La souffrance prend de multiples formes, définie par les luttes personnelles. La mienne était inédite, générant une peur nouvelle. Chaque domaine de ma vie s'effondrait : syndrome post-COVID (brouillard cérébral, fatigue, migraines, toux persistante, insomnie, vertiges), deuil de ma tante, perte de plaisir au travail rêvé, tensions avec mon colocataire, précarité financière sans indemnités, santé physique négligée, épuisement émotionnel et mental en pleine découverte de soi dans la communauté LGBTQ+. J'étais immobile dans une pièce en feu, noyée dans les épreuves et la vie elle-même.

C'est alors que la vie m'a semblé sans valeur. Plus envie de me battre pour me lever. J'ai cru que disparaître effacerait ma douleur. J'ai appris plus tard que j'avais tort : une vie pleine m'attendait si je tenais bon.

Trouver espoir et aide

Le 2 février 2021, une femme a transformé ma vie sans le savoir. Elle a vu la force dans ma lutte, m'offrant espoir et foi en l'avenir, sans promettre une route facile mais enrichissante. Trop longtemps, le stigma de la santé mentale m'avait paralysée. Diagnostiquée avec un trouble dépressif majeur et un trouble anxieux généralisé, j'ai commencé un antidépresseur. Il y a un an, demander de l'aide m'a sauvée. Aujourd'hui, je reprends les rênes de ma vie, je me dresse comme une voix pour l'avenir, partageant mon parcours de découverte, de croissance et de combat contre la maladie mentale pour inspirer d'autres à trouver l'espoir.


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