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Éduquer un adolescent en difficulté : persévérer au-delà des épreuves

Élever des enfants confrontés à des troubles psychologiques est un défi immense. Pour ceux qui l'ont vécu, le terme « difficile » est un euphémisme.

En tant que parent d'accueil formée aux questions de développement, de trauma, de relations et de gestion des comportements difficiles, j'aime apprendre et appliquer ces connaissances. Je me considère comme une bonne éducatrice. Pourtant, lors des journées les plus rudes, je me demande : « Que faire ? Sommes-nous vraiment utiles ? » et « Que se passera-t-il si rien ne fonctionne ? » Ce sentiment d'impuissance est dévastateur quand tout semble s'effondrer.

Une matinée chaotique

J'essayais de nous préparer, avec nos jeunes adoptifs, pour la journée. J'ai respiré profondément en calculant notre retard pour le rendez-vous chez le dentiste, tandis qu'il mangeait son cacao une bouchée à la fois, délibérément. Une fois fini, je lui ai demandé de chausser à la porte. Il est descendu, a joué avec ses jouets. Remonté pour les chaussures ? Colère explosive : cris, refus total, assis par terre.

S'il avait 5 ans, je l'aurais porté jusqu'à la voiture. Mais à 15 ans, avec le tempérament d'un enfant de 5 ans dans un corps d'adolescent, c'est à lui de choisir. Il a fini par sortir après ma proposition de chausser en route. En récupérant mes sacs, je le retrouve qui m'enferme dehors. Par la vitre, il me défie. Bouillonnante intérieurement, je reste calme, utilise les clés de secours et rumine en silence au volant. Une routine matinale devenue tempête.

Vulnérabilité sous la surface

Chez le dentiste, j'annonce : « Il est temps de sortir. » Espoir vain. Il hurle : « Je ne veux pas ! » Sa voix se brise en sanglots. Ses larmes dissipent ma frustration. J'ouvre sa portière : « Qu'est-ce qui ne va pas vraiment ? » Entre deux hoquets : « Je sais pas. » Il sort lentement, pose sa tête sur mon épaule. Je le serre fort. Bras ballants d'abord, son corps se détend enfin. Cet ado réticent aux câlins nous voilà connectés, sur le parking. On décide : une chose à la fois, une belle journée.

Cette anecdote n'est qu'une matinée difficile parmi tant de bonnes. La famille d'accueil est belle et fragile. Dans l'adversité, souvenons-nous du « pourquoi » : les histoires qui ont ouvert nos cœurs. Soyons présents pour ces enfants, là où ils en sont. Comme si leur vie en dépendait. Une chose à la fois. Chaque jour est un nouveau départ !


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