Dans un monde où les organisations de santé mentale prônent la sensibilisation aux traumatismes, nos échanges commencent souvent par « Comment allez-vous ? ». Encouragés à répondre sincèrement, nos expressions trahissent souvent une ambivalence. Créer une connexion authentique en milieu professionnel est challengant, surtout face au stress omniprésent – mondial, national, local et familial. Une nouvelle saison des fêtes en période d'incertitude accentue la pression et la fatigue émotionnelle.
Quand un collègue vous demande « Comment vous sentez-vous ? » au travail, oserons-nous être francs alors que tant d'entre nous luttent quotidiennement ?
En réfléchissant à ma propre réponse, je voyais autrefois mes émotions négatives comme des problèmes à résoudre, des obstacles à ma sérénité. Résultat : une liste interminable de défis !
Les sages, eux, adoptent une autre perspective. Comme l'explique Michael Brown, l'objectif n'est pas de se sentir bien, mais de devenir habile à ressentir pleinement.
Je garde les ouvrages de Pema Chödrön sur ma table de chevet pour m'imprégner de son conseil : se pencher vers les émotions au lieu de les fuir. Je relis aussi cette citation inspirante de Geneen Roth :
« Tout ce que veut un sentiment, c'est être accueilli avec tendresse. Il veut de l'espace pour se déployer, raconter son histoire, se dissoudre comme un millier de serpents tortueux qui, sous l'effet d'une gentillesse, deviennent des brins de corde inoffensifs. »
Conseil difficile à suivre, mais libérateur. Passer de l'analyse à l'accueil permet aux émotions de s'exprimer librement, favorisant un bien-être durable. Leur offrir un espace calme pour respirer transforme la traversée en expérience enrichissante, plutôt qu'une lutte.
Les fêtes vous apportent-elles des « cadeaux » émotionnels, comme à moi ? Responsabilité du bonheur d'autrui, quête de perfection, frustrations face aux différences ? Essayons de déballer ces paquets, de les laisser passer. Certains ne nous appartiennent peut-être pas.