Le cancer du poumon reste la première cause de mortalité par cancer aux États-Unis. Bien que le tabagisme soit le principal facteur de risque, jusqu'à 20 % des cas concernent des non-fumeurs, selon Brian Mitzman, MD, chirurgien thoracique et professeur adjoint de chirurgie clinique à l'Université de l'Utah. Pour les personnes évitant déjà le tabac mais craignant ce risque, les produits laitiers pourraient offrir une protection. Une récente étude met en lumière un lien entre une consommation élevée de yaourt et de fibres et une diminution du risque de cancer du poumon.
Publiée dans JAMA Oncology, cette méta-analyse compile dix études menées aux États-Unis, en Europe et en Asie, portant sur 1,4 million de participants et 18 822 cas de cancer du poumon. Les chercheurs ont ajusté les données pour tenir compte des facteurs comme le tabagisme. "Il s'agit d'une étude observationnelle rétrospective, qui identifie des associations sans prouver de causalité", précise le Dr Mitzman. "Bien que moins rigoureuses que les essais randomisés, ces études fournissent des indications précieuses."
L'analyse montre que les hommes consommant environ 85 g (3 onces) de yaourt par jour et les femmes 113 g (4 onces) présentent un risque réduit de 19 %. Les plus grands consommateurs de fibres affichent une baisse de 17 %. Même de petites quantités sont bénéfiques, mais une consommation régulière élevée peut diminuer le risque jusqu'à 33 %, passant de 33,5 à 22,4 cas pour 100 000 personnes (réduction absolue de 0,03 %), selon le Dr Mitzman. "Ce n'est pas une réduction spectaculaire, mais des changements simples comme ajouter du yaourt à son alimentation sont accessibles."
Peu d'études portent spécifiquement sur le yaourt et le cancer du poumon. Des travaux observationnels antérieurs associent les fibres à une meilleure fonction pulmonaire et une incidence moindre de cette maladie, note le Dr Mitzman. Cependant, les preuves directes restent limitées, et aucune n'a examiné la combinaison yaourt-fibres. Le rôle du microbiote intestinal sur la santé pulmonaire suscite un intérêt croissant, ouvrant la voie à de futures recherches.
Le yaourt est riche en calcium, vitamines B, vitamine D et probiotiques, offrant de multiples bienfaits, selon Kevin Sullivan, MD, oncologue au Northwell Health Cancer Institute. Néanmoins, le tabagisme reste le risque dominant. "Arrêter de fumer est la priorité absolue ; le yaourt est un complément, non un substitut", insiste le Dr Sullivan. "Optez pour un yaourt grec nature riche en probiotiques, sans sucres ajoutés, et agrémenté de fruits frais ou de miel."
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