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Devenir famille d'accueil : notre parcours motivant, défis et étapes concrètes

Lorsque j'ai proposé à mon mari de nous lancer dans le placement familial d'accueil, il a haussé un sourcil surpris. Il se demandait pourquoi nous voudrions perturber notre vie tranquille et libre. En couple trentenaire, nous apprécions la liberté de faire ce que nous voulons, quand nous le voulons.

Dans mon travail au sein d'une association à but non lucratif, je côtoie quotidiennement des familles en difficulté. J'observe le cycle générationnel de la pauvreté et des traumatismes, et leurs impacts sur les enfants. Je me demande souvent comment briser ces chaînes. Quand un enfant est retiré de sa famille, il aspire souvent à rentrer chez lui, malgré les circonstances. C'est là que le vrai changement peut opérer : en aidant les familles à se reconstruire pour éviter de perpétuer ces cycles auprès de leurs propres enfants.

Quand j'en ai parlé à mon mari, je lui ai dit : « Comment pourrions-nous ne pas agir ? »

Nous disposons de l'espace, du temps, des compétences et surtout de la volonté d'apprendre. Il avait des inquiétudes légitimes : et si nous avions un bébé ? Et si l'enfant maltraitait nos animaux ? Et s'il nous détestait ? Et si les parents biologiques nous retrouvaient ? Et si l'enfant nous faisait du mal ?

J'avais moi-même des questions : comment cela impacterait nos emplois du temps, notre couple, et serait-il trop douloureux de voir un enfant repartir ? J'ai répondu : « Je ne sais pas, mais nous pourrons consulter un travailleur social qui saura nous guider ! » Il a secoué la tête, hésitant, mais a accepté d'en savoir plus.

Comment démarrer

Notre responsable des licences nous a rencontrés via Zoom pendant plus d'une heure, répondant à nos questions et détaillant le système de placement familial ainsi que le processus de certification. Mon mari se sentait rassuré sur certains points, mais restait prudent. Nous espérions tous deux qu'elle tranche pour nous, comme si cela nous déchargeait de responsabilité en cas d'échec. Elle nous a assuré que nous ferions d'excellents parents d'accueil, mais que la décision nous incombait et qu'elle nous soutiendrait quoi qu'il arrive.

Nous avons ruminé ces infos plusieurs jours. Une semaine plus tard, mon mari a lancé : « Tu veux le faire ? Allons-y, mais commençons par du répit. »

J'ai contacté notre agent de licence pour confirmer notre engagement. La paperasse est abondante : vérifications d'antécédents, références, historique social, preuves d'assurance, de mariage, bilans de santé et vaccins des animaux. Certains s'en plaignent, mais c'est justifié : on nous confie un enfant. Notre accompagnateur nous a guidés efficacement.

Nous avons bouclé paperasse et formations en quelques mois. L'inspection n'était pas une visite tatillonne, mais une vérification de la sécurité : rangement des médicaments, objets fragiles ou précieux. Nos documents ont été soumis à l'État pour approbation finale.

Et maintenant, nous attendons avec impatience !


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