Tolérant à la sécheresse, orné de fleurs évoquant les cils de Lucille Ball, le myrte citronné est une star incontestée de l'été australien.

"C'est quoi ça ?", s'exclame ma fille en pointant les magnifiques buissons fleuris sous notre filet de protection.
"Backhousia citriodora", expliqué-je, "est le nom latin de cette plante indigène australienne, utilisée comme aliment et remède par les peuples autochtones depuis des millénaires."
Dans la sécheresse ambiante, ce spectacle floral apporte une joie bienvenue. Nous avons cueilli des fleurs pour décorer notre table de fête en vue d'un dîner convivial.
Ces fleurs, dignes d'une illustration de May Gibbs, sont endémiques des forêts tropicales subtropicales du nord de la Nouvelle-Galles du Sud et du sud-est du Queensland. Imaginez-les parmi les bébés gommeux : fleurs crème brillantes sur feuilles persistantes aux teintes pommelées. Elles attirent une multitude de pollinisateurs, bourdonnant de vie même en pleine sécheresse.
Robuste et tolérant à la sécheresse, ce myrte est cultivé dans les jardins familiaux et à des fins commerciales. Chez nous, il prospère sans irrigation ni intrants chimiques.
Son nom évoque parfaitement son arôme citronné pur, dû au citral – composant partagé avec la citronnelle, la verveine citronnelle, le citron et le citron vert. L'huile essentielle du myrte citronné offre la plus haute teneur en citral connue. Utilisable fraîche ou sèche en cuisine, en aromathérapie ou soins personnels grâce à ses propriétés antifongiques et antimicrobiennes exceptionnelles, elle gagne aussi en popularité pour les produits ménagers naturels.
Côté décoratif, j'ai admiré une rue de Sydney bordée de ces arbustes : en plein été, leurs fleurs gaies et lumineuses, comme les cils frangés de Lucille Ball, irradiaient l'espoir et rappelaient la beauté de nos espèces indigènes.
À cette période, la nostalgie des fêtes évoque gui et panettone, mais en Australie multiculturelle, célébrons ce qui prospère localement.
Cette année, nos décorations festives mettent l'Australiana à l'honneur : couronnes d'indigènes frais et secs, branches fleuries de myrte citronné, et guimauves réalisées par Brent Templeton, chef pâtissier néo-zélandais du Boon Café.

Contrairement aux guimauves classiques utilisant des blancs d'œufs, cette recette n'en requiert pas. L'acidité du jus de citron inverse le sucre à la cuisson pour une texture moelleuse idéale. Elle s'adapte à tout ingrédient acide, mais dosez précisément : trop rend collant, trop peu donne une texture dense.
Ingrédients :
500 g de sucre semoule
200 g de glucose
300 ml d'eau
20 ml de jus de citron
25 g de gélatine trempée dans l'eau froide
¼ cc d'huile essentielle de myrte citronné
Sucre glace non fondant
Le sucre glace non fondant ("neige" ou "sucre décor") est enrobé d'huile végétale pour résister à l'humidité et conserver les guimauves sèches des semaines. Sinon, utilisez du sucre glace ordinaire au moment de servir.
Tapissez un moule 20x30 cm de papier sulfurisé. Vaporisez d'huile de cuisson et saupoudrez de sucre non fondant. Cela évite que la guimauve colle (à sauter si sucre ordinaire).
Mélangez eau, jus de citron, sucre et glucose. Portez à 108°C.
Hors du feu, pressez la gélatine et incorporez-la au sirop.
Fouettez à basse vitesse 5 min jusqu'à opacité mousseuse. Passez à moyenne 5-10 min pour épaissir, puis haute vitesse jusqu'à tiédeur (5-10 min).
La masse doit être très épaisse et moelleuse. Ajoutez l'huile de myrte et fouettez 1 min. Versez dans le moule.
Refroidissez 30 min, saupoudrez de sucre non fondant. Laissez reposer à température ambiante une nuit, coupez et enrobez.
Conservez hermétique 2-3 semaines à température ambiante.
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