Maître mixologue et expert reconnu, Anthony Fontanilla n'hésite pas à se retrousser les manches pour son métier. Passionné par le monde de la bartending, il a bâti sa carrière sur son amour absolu pour le bar. Un parcours semé d'embûches, de succès et d'innombrables verres. Célèbre pour ses cocktails exotiques et innovants parmi les plus prisés au monde, Anthony nous livre ses rencontres, sa vision de la vie nocturne, son attachement à Popov et son ascension jusqu'au titre de Metro Mixologist de Los Angeles.
Anthony, quelle est votre origine culturelle et ethnique ?
Mes parents viennent du nord de Manille, à San Fernando La Union. Ils ont immigré à Los Angeles dans les années 1960, faisant de moi un Américain d'origine philippine.
Avez-vous toujours su que vous vouliez devenir mixologue ?
C'est amusant : mon père a été barman toute sa vie. Il travaillait à Hollywood Star Lanes, un ancien bowling aujourd'hui disparu. Enfant, je lui rendais visite et il me préparait des Shirley Temples ou me laissait verser des cerises dans des Rob Roys. J'observais les clients jouer au bowling. Quand j'ai été assez grand, j'ai moi-même joué ; j'aurais pu devenir pro ! Mais je regardais toujours mon père mixer. J'ai commencé dans l'industrie comme étudiant fauché : au moins, je pouvais manger. Cela a financé mes études et mes activités extrascolaires.

C'est génial, beaucoup oublient que l'hospitalité offre plus que l'argent.
Exactement, c'est une évolution. J'ai débuté serveur chez Johnny Rockets en poursuivant mon associate degree au LA City College. Puis, j'ai obtenu mon bachelor. Pour gagner plus, j'ai rejoint Louise's Trattoria à Los Feliz (devenu Mess Hall). Là, j'ai appris le bartending et ma passion pour la mixologie s'est éveillée.
J'ai toujours voulu y manger !
C'était incroyable. Mon premier mentor, l'adjoint directeur – prénommé Anthony comme moi ! –, m'a tout appris. Tout le monde nous appelait en chœur. Après un an ou deux, j'étais prêt pour la suite. Chez D'Cache à Toluca Lake, un bar à tapas fusion espagnols avec un fameux mojito cubain.
Les bars topless sont cool, non ?
Non (rires), juste des tapas ! J'y ai maîtrisé les cocktails complexes : presser des fruits, infuser des herbes pour des saveurs explosives. Ils importaient même leur sucre. Une fois épuisé D'Cache, j'ai rejoint Amicci à l'Americana, où j'ai rencontré mon second mentor : un Maître Sommelier (il n'y en a que 140 dans le monde).
Pour les non-initiés, c'est quoi ?
Un expert en vin suprême, après une formation rigoureuse. Il m'a initié au monde du vin. Mais après 6 mois, crise de la quarantaine : bachelor obtenu, père décédé, rupture... J'ai tout vendu pour un billet simple vers New York. Troisième jour, embauché chez B.R. Guest (16 restos à Manhattan : Dos Caminos, Isabella's...). J'ai travaillé sous leur top mixologue pour lancer l'Atlantic Grill au Lincoln Center.
Vous étiez motivé !
Absolument. Puis, retour aux sources : premier Johnny Rockets Sports Bar & Lounge à NY, avec une famille philippine. J'ai revu leur inventaire, créé des specials, boosté l'affaire.
Différence barman vs mixologue ? Beaucoup confondent.
Le mixologue sauve un bar : inventaire, cocktails pour écouler les stocks lents avec ingrédients frais. Créativité pure, comme un scientifique.
Combien de temps pour un cocktail ?
De 10 minutes à 3 semaines. Exemple : Thai Boxer (margarita + piment thaï + canneberge).
Comme un blocage d'écrivain.
Oui ! Évoluez les classiques : margarita vs bleue (curaçao).
Comment avez-vous affiné votre palais ?
10 ans, calibré pour les femmes, acheteuses impulsives.

La tentation derrière le bar ?
Ça évolue : de promiscuité à professionnalisme.
Glamour du barman ?
Ce que vous en faites. Focus client = bonheur patrons et clients.
Boisson la plus folle ?
Cosmo passion d'Eben Klemm : Sex and the City !
Aujourd'hui, plus behind-the-scenes ?
Oui, formation d'autres. Leader, pas manager.
Lieu préféré ?
New York : 4h du mat', Mecque mixo.
Actuel ?
Consultant Ocha Classic Thai (7 spots LA), Parasol 9 à Hollywood.
Inspiration Parasol 9 ?
Thaï tropical : Thai Kickboxer, Sunset...
Travail fini ?
Non, évolution constante.
Metro Mixologist ?
Style metrosexuel vintage : look sharp = confiance.
Influence bar ?
Garnitures = accessoires mode.
Inspirations style ?
Brad Pitt, Robert Redford.
Femmes vs hommes barmaids ?
Équilibre pour eye-candy.
Compréhension des partenaires ?
Parfois chip sur l'épaule.
Liqueur fétiche ?
Popov : outsider abordable, filtré Brita.
Séance photo ?
Fun ! Avec Taylr Renee (EDM star), styliste Ali Levine.
Dans 10 ans ?
Tout le monde goûte mes cocktails !
Où vous trouver ?
Facebook, Instagram, Twitter, Google.
Conseil aspirants ?
Buvez tout, formez votre palais, modération, Uber !
Cocktail signature : "The Highlands Martini"
2 oz vodka Grey Goose
1,5 oz Saint-Germain
0,5 oz purée litchi + jus ananas
Garnir : ananas farci litchi
Histoire : Raven Durán
Photographie : Shannon Jankula
Modèles : Anthony Fontanilla, Taylr Renee
Style : Ali Levine
Robe : Foreign Exchange feclothing.com
Noeud pap : Swille et Swancke https://www.swilleandswancke.com
Produit : MUSE Publishing www.themusepublishing.com