En tant que cueilleur enthousiaste et amateur de boissons, il était inévitable que je me lance dans le brassage maison. Mon parcours vers l'excellence brassicole n'a pas été linéaire. Au début des années 1980, vivant dans une ferme isolée entourée de haies abondantes, je suis devenu obsédé et ai tenté de brasser tout ce qui ne bougeait pas assez vite. Après quelques catastrophes et l'observation que mes amis trouvaient des excuses pour éviter mes dégustations douteuses, j'ai rangé mes bonbonnes et fait une longue pause. Puis, une abondante récolte de prunes cerises en juillet m'a relancé dans l'aventure, et ma maison regorge à nouveau de bouteilles, seaux et potions en fermentation.
Il y a une profonde satisfaction à transformer une plante du jardin ou de la haie en boisson savoureuse, en explorant de nouveaux arômes. Les bonbonnes colorées qui bouillonnent doucement sur l'étagère sont un spectacle charmant. De plus, le brassage maison est économique. Les magasins spécialisés regorgent d'équipements sophistiqués – réfractomètre, pressoir à cidre, kits de pH ou armoires thermostatisées – mais ils ne sont pas indispensables. Des seaux, bonbonnes, pièges à bulles, tuyaux et bouteilles suffisent. Voici une recette accessible avec du matériel de cuisine courant.
Le brassage amateur était populaire dans les années 1970-1980, avant de devenir un loisir de niche face aux réglementations. Les kits prêts-à-l'emploi sont efficaces, mais manquent de créativité. J'affectionne les recettes originales et saveurs inédites issues d'une approche DIY totale. Les vins maison ne rivalisent pas avec les crus professionnels, mais offrent des expériences uniques. Au fil des prochaines semaines, je partagerai mes succès et échecs de brasseur. Rejoignez-moi, suggérez plantes et recettes, racontez vos aventures !
Les orties sont un ingrédient polyvalent chez moi : pâtes, pakoras, soupes... et excellente bière ! La cueillette pique, d'où l'importance de vêtements épais, gants et chaussures solides. Malgré les précautions, une ortie maligne grimpe parfois jusqu'à la cuisse – des protections d'apiculteur en vue !
La saison des jeunes orties touche à sa fin, mais les zones ombragées ou une coupe récente en fournissent encore. Privilégiez les sommets tendres sans fleurs pendantes ; les feuilles âgées amènent de l'amertume.
Cette infusion simple est facile à réaliser, au goût plaisant quoique rustique, avec un effet pétillant comparable au champagne.
Ingrédients (pour environ 5 litres)
Note : Les "affinages de cuivre" (mousse d'Irlande ou carragheen) clarifient la bière en évitant le voile protéique ; suivez les instructions du paquet.
1 kg de sommités d'ortie (un grand sac bien rempli)
5 litres d'eau
450 g de sucre
Jus de 2 citrons
50 g de crême de tartre
Collage au cuivre (facultatif)
1 sachet de levure de bière
Faites bouillir les orties avec le collage 15 minutes en remuant. Filtrez dans un seau stérilisé (eau bouillante ou comprimés Campden rincés).
Dissolvez le sucre. Laissez tiédir à température ambiante. Ajoutez jus de citron et levure activée (suivez le sachet). Couvrez et laissez fermenter 3 jours.
Siphonnez en bouteilles stérilisées (swing-top), sans remuer les lies. Fermentation continue : prête en 1 semaine, meilleure après. Vérifiez la pression régulièrement pour éviter les explosions. Légère trouble possible – c'est du caractère maison ! Verse avec soin pour éviter les sédiments.