Ce steakhouse hybride, à mi-chemin entre tradition et séduction, exhale une fiabilité chaleureuse.

L'année dernière, si j'avais dû parier sur l'essor de la scène gastronomique en 2022, Canary Wharf aurait été le choix le plus improbable. Autrefois code postal le plus rentable de Londres, ce quartier n'avait guère profité à la restauration, ses banquiers travaillant en pyjama depuis le Berkshire. Hors pandémie, Canary Wharf n'évoque pas une destination gastronomique charmante, malgré ses aspects scintillants, luxueux et vaguement cyberpunk.
Son attractivité croissante, avec l'arrivée de Hawksmoor, Caravan, Marugame Udon et un nouveau marché imposant, témoigne de la confiance des investisseurs dans le retour au bureau. L'ère des robes de chambre et des entraînements Joe Wicks est révolue. Hawksmoor y a inauguré son ouverture la plus spectaculaire : un vaste restaurant flottant à Wood Wharf, au cœur de 23 acres mêlant résidentiel et bureaux, promu comme un lieu de vie animé à 400 000 £ le studio.
L'arrivée de Caravan laisse présager des week-ends animés. Patty & Bun (fournisseurs du burger Ari Gold) ouvre en mai, Emilia's Crafted Pasta vient d'inaugurer, et Six By Nico proposera mi-mars son menu dégustation thématique romain. Alors que les factures énergétiques et pénuries de personnel freinent Soho, l'E14 brille par son brunch continu. Un mercredi pluvieux de février, obtenir une table pour deux à Hawksmoor Wood Wharf relève du défi.

Les dîneurs y trouvent une fiabilité chaleureuse. Malgré son allure de paquebot néo-orléanais croisé avec un All Bar One, Hawksmoor conserve ses porterhouse, T-bone et chateaubriand d'exception, fidélité à sa réputation depuis 2006. En 16 ans, le groupe s'est étendu (Édimbourg, Manchester, New York) sans dévier, restant un incontournable malgré les modes véganes et les steaks vintage.
Pas de défilé de viandes crues ici : une carte discrète propose bœuf premium, huîtres à la réesda scotch bonnet ou rôties à la moelle. Excellente salade de maquereau fumé, raifort et pommes de terre nouvelles ; betterave cuite à la cendre et fenouil mariné sublimes.

Une évolution subtile s'opère : romesco carbonisé aux noisettes, cacahuètes et sésame ; flétan rôti au charbon, purée beurrée et épinards crémeux réconfortants.
Moins clinquant qu'il y a 15 ans, Hawksmoor offre toujours une table intime, faux-filet saignant sauce hollandaise-anchois, frites triples, crème caillée et sundae pudding au caramel – partage généreux invitant à la gourmandise.
À 17h30, la foule afflue ; table retournée en un clin d'œil. Dans un paysage incertain, Hawksmoor Wood Wharf rayonne d'une assurance exubérante. À Canary Wharf, l'avenir gastronomique brille.