Qu'aimez-vous ajouter à vos grogs ? Et si ce n'est pas votre boisson préférée, quelles sont celles qui réchauffent votre cœur et soulagent vos rhumes en cette saison hivernale ? 
Voici une escapade gourmande rare pour cette rubrique – mais honnêtement, en janvier, même mon appétit est famélique. L'esprit puritain nous conseillerait de limiter l'alcool pendant quelques jours, rendant le grog idéal : une préparation strictement médicinale, parfaite pour égayer l'après-Noël et chasser les maux de saison.
Je n'hésiterais pas à défier le Dr Ben Goldacre en affirmant que le toddy est un remède miracle. La chaleur, les épices et les notes aigre-douces stimulent la production de mucus, freinant bactéries et virus, tandis que l'alcool favorise le sommeil (avec modération, bien sûr).
Surtout, son effet psychologique est incomparable : rien de tel qu'un verre fumant, chaud et alcoolisé, par une journée froide et humide, pour décongeler corps et esprit. Même le plus grincheux des Scrooge de janvier ne pourrait s'y opposer !

En France comme ailleurs, le grog associe traditionnellement whisky à ses notes médicinales. Pourtant, les variantes pullulent : rhum ou brandy au XIXe siècle, sambuca, tequila ou vodka aujourd'hui, comme le note le New York Times : « une famille lâche unie par la chaleur ».

Les puristes évoquent une source d'Édimbourg pour privilégier le whisky – un choix que je soutiens, préférant ses arômes au rhum indien à la noix de coco. Exception : le toddy au rhum infusé au thé du magazine Imbibe, dont la douceur s'harmonise au miel.

Le whisky varie selon l'humeur : bourbon vanillé pour un réconfort après-dîner, scotch fumé comme Talisker ou Islay pour une élégance austère, Bushmills épicé pour réveiller le palais. Évitez les whiskies délicats (Arran, Chivas, Singleton, Macallan, Glenlivet) : ils se perdent face aux saveurs intenses. Optez pour du feu !

L'eau chaude est la base classique, prônée par Susy Atkins (Telegraph), Tom Sandham, les Thinking Drinkers et Gary Regan.

Autres options : thé épicé (Imbibe), jus de pomme (Drambuie) ou vin rouge (Woodford Reserve). Ces versions sophistiquées diluent l'essence whisky-centrée du grog. Préférez infuser l'eau avec les épices pour des arômes supérieurs.

Après l'alcool, acidité citronnée et douceur capiteuse réveillent les papilles. Zeste seul (Regan, Priseman, Jerry Thomas 1862) ou tranche (Atkins, Sandham) manquent d'acidité : jus + zeste (Drambuie, Imbibe) l'emportent.

Le jus exige plus de sucre. Sirop facile à dissoudre (Priseman), mais miel floral (Imbibe, Sandham) – idéal avec bruyère écossaise – surpasse.

Épices douces : clous de girofle, cannelle, gingembre frais (McIntyre, Telegraph). Évitez excès (cardamome, anis). Muscade râpée (Sandham) finale.

Cannelle en bâton comme garniture rustique avec zeste. Vanille pour bourbon (Priseman), moins pour scotch. Buvez chaud !

Pour 1 grog :
60 ml d'eau
3 clous de girofle
1 bâton de cannelle
1 cm de gingembre pelé et tranché
1 bande de zeste de citron
60 ml de whisky
2 c. à café de miel
1-2 c. à café de jus de citron
Râpage de muscade
1. Infusez l'eau avec épices et zeste à feu doux.
2. Rincez un verre résistant à la chaleur. Versez whisky, ajoutez infusion, miel, jus. Râpez muscade. Savourez !
Grog : remède précieux ou charlatanisme ? Partagez vos ingrédients et boissons hivernales préférées !
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