La maison de ma grand-mère Mimi, dans le Devon, était un havre d'indulgence pour moi et mes amis. Hôtesse généreuse et espiègle, elle arborait des rides de rire au coin des yeux et un sourire provocateur.
Enfants, elle nous régalait de sucreries : un seau de Smarties apparemment sans fond et ses célèbres flotteurs de cola – une boule de glace à la vanille pétillante dans un verre de cola glacé. (À ce propos, j'ai récemment servi des flotteurs de cola comme amuse-bouche lors d'un dîner au restaurant Seahorse de Mitch Tonks à Dartmouth : un succès intemporel.)
Adolescents, elle posait un paquet de cigarettes ouvert sur la table en disant : « Je ne donne pas de cigarettes aux jeunes, mais... » Irrésistible invitation à la rébellion.
Mon grand-père Ronnie participait à l'aventure. Il m'a initié aux gin-tonics parfaits : une part de gin très froid, une part de tonic très froid, versés sur beaucoup de glace dans un highball, avec un filet de citron et un zeste. Il m'a aussi fait découvrir le Queen Mother (QM), boisson attribuée à la défunte Reine Mère qui en consommait deux avant le déjeuner. Ce mélange audacieux propulse de 0 à 120 en quelques secondes. À consommer avec modération, en lieu sûr. Comme le disait James Thurber : un QM, c'est bien ; deux, c'est trop ; trois, ce n'est pas assez.
Pour 1 verre :
1 dose de gin
2 doses de Dubonnet
Zeste d'orange ou de citron (facultatif)
Versez le gin et le Dubonnet sur abondante glace, remuez. Sans garniture pour les puristes, ou avec zeste de citron ou d'orange. Note : inventé au XIXe siècle pour les légionnaires français, le Dubonnet permettait d'ingérer de la quinine contre le paludisme, comme le tonic.
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