Le café brûlot est un café infusé d'agrumes et d'alcool qui vous plonge dans l'atmosphère envoûtante des bars de jazz de la Nouvelle-Orléans. 
J'avais 18 ans lors de mon premier voyage à la Nouvelle-Orléans. Trop jeune pour en profiter pleinement. Avec mon ami Ed, nous traversions les États-Unis à bord d'une Volvo violette usée, achetée à un ex-policier près de New York. Sans clim, avec un trou rouillé dans le plancher laissant voir la route filer. Nous l'avions baptisée Purple Haze, en clin d'œil à Jimi Hendrix. La descente vers le sud via l'I-95 était exaltante. En Caroline du Sud, j'ai craqué pour un chapeau de cow-boy et des Ray-Ban. On se prenait pour des cowboys cool... Les locales ne partageaient pas cet avis.
À la Nouvelle-Orléans, le rêve s'est vite essoufflé. Camper à 20 miles de la ville, sur une colline sombre, n'aide pas. Notre première nuit : un orage a rasé la tente. Chaleur moite, nous transpirions comme du bacon emballé sous vide.
Le lendemain, bus pour le centre-ville. Débraillés, renfermés, nous lorgnions les bars et restos comme dans Trading Places. Les regards nous fuyaient. Retour au camping. Je n'y suis jamais retourné, regrettant de rater l'esprit bohème légendaire de la ville.
Ce week-end, c'est le festival de jazz de La Nouvelle-Orléans, avec mon héros Roy Ayers en concert. Ce soir, je lance son Poo Poo La La et prépare ce classique pour ma femme et moi. Comme le chante Roy : « Les filles trébuchent sur des trucs comme ça. »
Pour 4 personnes