L'ajout de sucre est incontournable, mais faut-il bouillir les patates douces ou les cuire au four ? Les œufs sont-ils indispensables ? Et pour les garnitures, des guimauves ?

Quand j'ai interrogé un ami américain sur Thanksgiving, il m'a répondu : on mange, et sinon, on regarde du football. Pas d'église, pas de cadeaux, juste de la bonne nourriture et de la gratitude.
Et quel festin ! Dindes frites, tartes à la citrouille, farce au pain de maïs, relish de canneberges... Sans oublier les patates douces confites, ce plat exotique pour les Britanniques qui s'est glissé au menu principal. Introduite il y a des millénaires dans l'alimentation autochtone et adoptée par les colons pour les tartes, la version guimauve n'est apparue qu'au début du XXe siècle, grâce aux fabricants de bonbons.
Cependant, sucre et sauce ne plaisent pas à tous. Jane Nickerson, dans le New York Times de 1948, confiait : « Je n'aime pas, mais 250 millions d'Américains si, voici ma version light. » Preuve qu'il faut goûter avant de juger : même non américaine, j'adore désormais les patates douces confites !

Comme tout tubercule dense, la patate douce exige une cuisson approfondie. Les anciennes recettes la font bouillir en peau, comme le Joy of Cooking, mais cela donne une texture aqueuse et fade, selon les Best Recipes. Mieux vaut cuire au four.
Cook's Illustrated braise dans crème, beurre et sucre ; Chow utilise sirop et beurre. La version sans eau de Cook's est bonne, mais la cuisson au four des magazines Saveur et Southern Living offre une saveur intense et sucrée naturelle. Écrasez après épluchage pour une texture veloutée – les tranches restent fades.

Le beurre est essentiel pour une purée onctueuse. Préférez la crème épaisse de Saveur et Cook's au lait de Southern Living. Les œufs ajoutent richesse : utilisez seulement les jaunes pour une texture crémeuse sans excès d'eau.
Le sucre rehausse la douceur naturelle : 1 c. à café suffit (Cook's), pas une tasse entière (Southern Living). Optez pour du muscovado noir pour des notes caramélisées festives. Gingembre râpé frais, pincée de muscade – pas d'épices excessives qui masquent la patate douce. Jus de citron inutile avec modération sucrée.

Les guimauves ? Pas mon favori, sauf en Wagon Wheel. Préférez un praliné aux noix de pécan : croustillant idéal. Évitez le crumble lourd de Saveur ou cornflakes de Southern Living si trop sucré dessous.

Recette pour 4-6 personnes
900 g patates douces
45 g beurre
1 jaune d'œuf
2 c. à s. crème fraîche
1 c. à s. sucre muscovado noir
1 c. à c. gingembre râpé
Pincée muscade
½ c. à c. sel
Garniture : 15 g sucre muscovado noir, 2 c. à s. farine, 1 c. à s. beurre fondu, 40 g noix de pécan hachées.
Préchauffer four 220°C. Piquer patates, cuire 45 min jusqu'à tendreté. Baisser à 180°C. Éplucher, écraser chair (ou mixer). Ajouter beurre fondu, puis reste ingrédients. Assaisonner.
Verser en plat. Mélanger garniture + sel, saupoudrer. Cuire 25 min jusqu'à croustillant doré.
Patates douces confites : star de Thanksgiving ou excès sucré ? Guimauves ou praliné ? Vos idées pour le menu ?
[]