Cette purée de pommes de terre au fromage, délicieusement filante, est considérée comme l'une des meilleures au monde. Quels fromages et pommes de terre choisir pour un résultat impeccable ?

Spécialité d'Auvergne dans le sud-ouest de la France, l'aligot aurait été inventé par les moines de l'Aubrac pour sustenter les pèlerins en route vers Compostelle. Surnommée "purée magique au fromage" par le fromager Morgan McGlynn, cette purée soyeuse enrichie de fromage fondu séduit par son élasticité remarquable. Elle connaît un succès mondial, devenant même culte au Japon selon des témoignages locaux. Dans sa région natale, elle anime encore fêtes de village, mariages et marchés, où sa préparation spectaculaire captive les foules.

Jeanne Strang, experte locale, souligne que pétrir la préparation est un effort physique traditionnellement réservé aux hommes forts. Heureusement, en portions familiales, un aligot parfait est à la portée de tous.
Autrefois à base de pain selon Mangeons la France de François-Régis Gaudry, l'aligot repose aujourd'hui sur des pommes de terre. Elizabeth David, dans French Provincial Cooking, recommande les variétés farineuses courantes au Royaume-Uni, comme Rooster, Maris Piper ou Desirée – idéales pour leur amidon élevé. Évitez les cireuses à faible amidon. L'amidon absorbe le fromage fondu et confère l'élasticité, grâce à ses molécules formant des liaisons électrostatiques avec les protéines fromagères, comme l'explique The Cook’s Illustrated Science of Good Cooking.

Cuisez-les entières avec la peau pour préserver l'amidon, puis épluchez-les à chaud, méthode plébiscitée par Strang, Diana Henry, Geraldene Holt et Elizabeth David. Cela assure une purée plus sèche et lisse.

L'aligot se distingue par sa texture ultra-soyeuse. Utilisez un moulin à légumes ou presse-purée pour une consistance idéale, loin du gummeux obtenu au robot. L'effort manuel garantit un crémeux parfait.
La tomme fraîche d'Aubrac, jeune et douce, est introuvable hors France. Évitez les fromages forts comme cantal, gruyère ou cheddar. Préférez un lancashire crémeux pour son profil lactique et fondant, ou caerphilly. Ajoutez de la mozzarella (50-150 g) pour l'élasticité, comme conseillent McGlynn et Gizzi Erskine. Rick Stein opte pour l'emmental avec succès.

Le Cheshire moderne fond bien, mais le lancashire crémeux reste le meilleur compromis : doux, laiteux et élastique.

Râpez ou tranchez le fromage, réchauffez la purée à feu doux (ou bain-marie), et battez vigoureusement jusqu'à obtention d'une texture filante et brillante. Traditionnellement, remuez dans un seul sens.
Ajoutez crème fraîche pour rehausser l'acidité et lait pour fluidifier, sans beurre excessif qui alourdirait le plat.

Ail optionnel (Stein, Holt), poivre blanc et muscade pour une touche épicée. Salez modérément. Servez avec saucisses et vin rouge rustique.
Préparation 5 min
Cuisson 30 min
Pour 4-6 personnes
1 kg de pommes de terre farineuses (ex. Maris Piper, Desirée, Rooster)
280 g de lancashire crémeux
50-150 g de mozzarella ferme
250 g de crème fraîche
120 ml de lait
1 gousse d'ail, pelée
Sel et poivre blanc
Lavez les pommes de terre et cuisez-les entières dans de l'eau salée bouillante jusqu'à tendreté. Râpez les fromages. Égouttez, épluchez à chaud avec un torchon.

Passez au moulin ou écrasez finement en purée lisse. Écrasez l'ail.

Remettez au feu doux, incorporez crème, ail et lait pour une consistance visqueuse. Ajoutez le fromage par portions, battez jusqu'à fusion et élasticité.


Assaisonnez et servez immédiatement.