J'avoue ne pas avoir grandi avec les macaronis au fromage. Malgré mes souvenirs d'enfance, ma mère ne nous préparait jamais ce plat bouillonnant le dimanche soir, ni la version en boîte si populaire outre-Atlantique. Il apparaissait peut-être à la cantine scolaire, mais ce mélange de pâtes et de fromage – sans sauce tomate pour masquer les calories – m'a toujours intrigué sans jamais me séduire pleinement.
C'est donc ma mission personnelle : maîtriser ce classique. Tout le monde adore les macaronis au fromage. Marlene Spieler y a consacré un livre entier. Aux États-Unis, des restaurants ne servent que cela. Fiona Beckett, experte en vins et fromages, a reçu une avalanche de recettes lors d'un concours sur son site.
Quoique ses origines soient italiennes du Sud, c'est un incontournable anglo-américain. J'oublie l'authenticité pour privilégier le goût.
Pour ma santé, je me concentre sur la version nature, sans variations extravagantes comme le curry thaï.
Sans recette familiale, je m'inspire de Just Like Mother Used to Make de Tom Norrington-Davies. La simplicité est clé : sauce blanche basique, cheddar modéré, pâtes. Seules les tomates grillées ajoutent une touche.
Sobre mais réconfortant : crémeux sans excès, légèrement écœurant, avec des tomates caramélisées. Un vrai plat d'enfance.
Simon Hopkinson et Lindsey Bareham (The Prawn Cocktail Years) optent pour des penne pour une meilleure adhérence de la sauce. Infuser le lait au laurier et poivre, fromage Lancashire, crème, oignons ou poireaux, ciboulette.
Raffinée avec parmesan, mais je regrette la texture veloutée de la sauce simple. Les oignons dominent : les macaronis au fromage doivent être doux, compatibles avec un repas au lit.
Dans le concours de Fiona Beckett, des ajouts comme jambon ou bière excèdent mon cadre classique.
Kirsten Rogers propose une version ultra-crèmeuse (plus de crème que de béchamel). Délicieuse mais trop riche pour de grandes portions.
Mrs Beeton suggère des macaronis cuits longtemps dans lait et eau, saupoudrés de parmesan, beurre, poivre, chapelure, grillés.
Texture gluante et beurrée, satisfaisante malgré l'aspect. La comfort food perdure.
La recette "crack and cheese" de Martha Stewart domine les forums : cheddar et gruyère en abondance.
Apparence alléchante, mais sauce grasse et granuleuse en bouche.
Julia Moskin (New York Times) critique la béchamel fade. Sa version : pâtes sèches dans fromage cottage et lait, cuites au four.
Dense et croquant, pas assez crémeux.
Tests de fromages : parmesan trop fort, Lancashire piquant. Gruyère noisetté, mais cheddar domine. Je choisis cheddar mûr, muscade, touche de moutarde en poudre.
Pas d'ail ou oignon (comme Jamie Oliver). Tomates et chapelure cheddar suffisent. Macaronis petits, rincés pour éviter la glue.
Classique réconfortant : subtil, crémeux, modeste.
Pour 2 personnes
200 g de macaronis
35 g de beurre + extra pour graisser
25 g de farine
450 ml de lait entier
Râpée de muscade
½ c. à c. moutarde anglaise en poudre
50 g cheddar affiné râpé
1 tranche pain blanc en chapelure
1 c. à s. parmesan râpé
2 tomates coupées en deux
1. Cuire macaronis al dente. Fondre 25 g beurre, ajouter farine, cuire, verser lait progressivement pour sauce lisse. Épaissir, ajouter muscade, moutarde, cheddar. Assaisonner.
2. Préchauffer gril. Égoutter/rincer pâtes froides. Graisser plat, mélanger pâtes-sauce.
3. Fondre reste beurre, mélanger chapelure-parmesan, saupoudrer. Ajouter tomates coupées. Griller 10 min doré/bouillonnant. Reposer 5 min.
Classique réconfortant ou plat victorien fade ? Style US décadent ou britannique discret ? Et la version sachet ?
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