Photos, chansons et recettes préférées de nos lecteurs

À l'été 1917, cinq jeunes hommes d'Irlande et du nord-ouest de l'Angleterre débarquent à Passchendaele, prêts pour « le grand match de Wipers ». Membre de l'Army Service Corps (ASC, surnommé « Ally Sloper's Cavalry » d'après un comic de l'époque), ils conduisaient des ambulances, évacuaient morts et blessés du front. Ou, comme le disait mon grand-père Michael Sieve (devenu Seeve), debout à l'extrême droite de la photo : « ramasser les morceaux sanglants ».
Originaire de Limerick en Irlande, où sa famille juive avait fui les pogroms lituaniens au XIXe siècle, Michael avait grandi durant le boycott antisémite de la communauté juive locale. Le travail y était rare. Après avoir vendu du charbon dans les rues de Belfast, il s'engagea dans l'armée britannique pour un emploi stable. Épargné du front par sa mauvaise vue, il passa la guerre au volant de son ambulance, transportant des milliers de soldats mutilés ou agonisants.
Homme discret, il évoquait peu la guerre, se contentant de maudire les politiciens responsables. Démobilisé, il s'installa à Liverpool, se maria et éleva trois fils. Bienveillant mais tourmenté par ses « nerfs », il peinait à trouver du travail. Son épouse Bluma, immigrée russe et sage-femme, tenait la famille à flot.
Mike se réfugiait dans ses parties de cartes, silhouette calme en costume d'époque, pipe à la main, lors de longues promenades sur les quais.
Peu de traces subsistent de son rôle dans ces heures sombres : un refus familial des coquelicots du maréchal Haig ; le souvenir de lui fredonnant « Mademoiselle d'Armentières, parlez-vous ? » ; et une vie humble traversée par les tumultes du XXe siècle.
Natalie Seeve-McKenna
Le jour où il a pris le train avec Ocean Colour Scene
« Toi et moi devrions chevaucher la côte / Et nous retrouver dans nos manteaux préférés à quelques kilomètres de là »
Mon grand-père me manque. Trop jeune pour assumer le rôle de grand-père, nous l'appelions tous Ian. Solide, fiable, constant : il me manque terriblement.
Il m'a légué un riche héritage musical, des comédies musicales comme Seven Brides for Seven Brothers. Mais c'est une chanson qu'il ne connaissait peut-être pas qui me tire les larmes.
En 1996, pour les vacances scolaires, je fus déposé chez mes grands-parents. Chaque année, une semaine seule avec eux était un bonheur. Cette fois marquait mon passage à l'adolescence : plus de couette Peter Rabbit, mais la grande chambre double. Je me sentais grand !
Grand-père, homme d'action plus que de mots, installa un énorme lecteur radio/cassette près du lit avec des rallonges, l'accorda sur Radio 1 et me laissa. Ocean Colour Scene sortait son single ; je chantais en déballant. Cet été-là naquit ma passion pour la pop et le Britpop, bande-son de mes années suivantes.
Parmi tant de souvenirs, ce geste simple m'émeut encore. Comment sut-il que Radio 1 serait mon bonheur cet été-là ? Sut-il l'impact durable de ce petit acte ?
Louisa Tunstall

Ingrédients
Biscuits Bourbon
KitKat
Toutes sortes de réglisse
Chocolat à cuisiner
J'ai demandé à mes enfants, Roxy et Riley, ce qu'ils voulaient pour le goûter.
« Des avions en chocolat », a dit Riley.
« Des avions ? »
« Oui, ceux au chocolat. »
« OK », ai-je répondu, plongé dans des souvenirs d'enfance avec mes maquettes d'avions en balsa. Quelque chose en cuisine ferait l'affaire ?
Dans le placard de maman (trésor des bonnes choses), nous trouvâmes biscuits Bourbon, KitKat, réglisse et chocolat de cuisine.
J'ai fendu les Bourbon, ôté la crème collante pour les enfants. Les doigts de KitKat formèrent les fuselages, les moitiés de Bourbon les ailes. Réglisse pour roues, hélices, pilotes et empennage. Chocolat fondu comme colle.
Et voilà nos biplans en chocolat maison !
Roxy et Riley adorèrent construire, rangèrent même sans rechigner. Les avions volèrent 30 secondes avant d'être dévorés.
NB : Recette extraite de mon livre 101 recettes pour rendre vos enfants hyperactifs et ingérables…
Andy Miller
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