Photos, chansons et recettes préférées des lecteurs

Sur cette photo de l'unité Home Guard à Egham, Surrey, en 1941, mon grand-père maternel, Jack Barry, est le deuxième homme en partant de la droite dans la rangée du fond. Ce qui frappe le plus, c'est le nombre impressionnant de sous-officiers dans ce petit groupe, comparé aux simples soldats. Cela évoque immédiatement la série télévisée Dad's Army, célèbre pour ses querelles comiques entre figures d'autorité. Ici, l'idée est encore plus savoureuse : imaginez ces sous-officiers réels se donnant des ordres les uns aux autres !
Je n'ai jamais pu lui demander comment il avait rejoint la Home Guard, car il est décédé il y a plus de 40 ans, bien avant que je ne découvre cette photo. Quel dommage ! Il avait un sain mépris pour l'autorité, un œil aiguisé pour l'humour des situations et un talent exceptionnel pour conter des histoires à la manière irlandaise. Pas étonnant qu'il se tienne au dernier rang, loin des officiers.
Volontaire durant la Première Guerre mondiale, il avait servi dans un bataillon des London Irish Rifles en Palestine, où il fut blessé. Enfant, j'écoutais ses récits sur la beauté du désert, le ciel étoilé, les gens si différents pour un gamin de l'East End... mais jamais sur les combats.
Il adorait narrer ses démêlés avec ses supérieurs – un homme qui se faisait remarquer par les officiers et qui semblait prendre un malin plaisir à les embêter. Typique : il ne porte pas ses médailles de campagne, et n'est jamais devenu sous-officier.
On devine son esprit rebelle et indépendant sur cette photo. La famille passait avant tout. Au début de la Seconde Guerre mondiale, refusant que ses huit enfants soient évacués, il déménagea toute la famille à Egham, à 30 km à l'ouest de Londres, pour rester uni. Il faisait l'aller-retour quotidien – parfois à vélo – vers son travail aux quais, dans une tonnellerie. Après-guerre, ils y restèrent.
À la retraite récemment, un ancien patron m'appelait "membre fondateur de l'équipe maladroite". Mais non : c'était grand-père !
Nicolas Watson
Cool Water par Frankie Laine
« Continue d'avancer, Dan. Ne l'écoute pas, Dan / C'est un diable, pas un homme / Il répand le sable brûlant avec de l'eau / … de l'eau fraîche et claire. »
Pour mes 16 ans, en décembre 1960, mes parents m'offrirent un radiogramme Decca, pièce maîtresse du salon. Bien au-delà de leurs moyens, c'était un meuble précieux alliant radio et tourne-disque, avec portes coulissantes, pieds en bois poli et ornements familiaux. Il trôna lors de ma fête, libérée de la surveillance parentale pour marquer ma "majorité".
Ma mère, Lucy, rangeait ses 78 tours près de mes 45 tours branchés de Conway Twitty, Connie Francis ou Cliff Richard. Lassée d'It's Only Make Believe ou Move It, elle sortait ses trésors : Little Brown Jug, Granny’s Old Armchair, Mario Lanza ou – mon préféré – Cool Water.
L'interprétation envoûtante de Frankie Laine d'un voyageur assoiffé errant dans le désert avec sa mule captive instantanément. Après l'écoute, j'avais une soif intense ! Verser l'eau froide dans le verre semblait presque profane, amplifiant les images de la ballade.
57 ans plus tard, le radiogramme est au grenier, couvert de poussière qui assécherait encore plus la gorge de Frankie.
Phil Poyser
Ingrédients
Œufs à la coque
Laitue iceberg (ou gemme)
Tomates
Concombre
Radis (facultatif)
Cresson
Jambon rôti au miel
Pain et beurre
Crème salade (facultatif)
Sel et poivre

Les salades de ma mère avaient un charme irrésistible : leur fraîcheur. Maman était accumulatrice – pas au point d'une émission TV, mais assez pour gêner. L'été, je vérifiais le congélateur mal fermé avant l'école, évitant les plats congelés-décongelés-recongelés.
Mais les jours de salade annonçaient l'été et la normalité : un repas frais, sans boîte, préparé avec amour dans une cuisine encombrée.
Œufs bouillis et tranchés, laitue iceberg (ou gemmes à l'anniversaire) coupée au couteau à pain, radis pour papa seulement... Tout en couches dans un grand bol en verre.
En y repensant, c'est papa qui les achetait et préparait. Mieux ou pire ? Elles avaient le goût de l'amour.
Carol Matthews
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