Quels champignons boostent le mieux l'umami ? Quelles herbes et épices sublimeront votre sauce ? Notre expert perfectionniste revisite la classique sauce aux funghi pour un résultat irrésistible.

Les Italiens, véritables mycophiles, envahissent forêts et bois chaque automne à la chasse aux chiodini, gallinacci et surtout aux précieux cèpes, pour les sauter, les conserver ou les transformer en sauce riche et savoureuse. Riches en glutamate monosodique – comme le parmesan ou les tomates mûres –, les champignons offrent une base umami idéale pour un ragoût végétarien. Faut-il partir à l'aube cueillir des champignons sauvages, ou les produits du supermarché suffisent-ils pour un nirvana gustatif ?
En 1614, Giacomo Castelvetro notait déjà que les champignons sauvages, abondants en Angleterre comme en Italie, restaient méconnus. Aujourd'hui, ils se trouvent chez les primeurs ou en ligne en saison, mais la plupart des recettes proposent des alternatives accessibles. Marcella Hazan, icône de la cuisine italienne, conseillait de rehausser les champignons cultivés pour évoquer les cèpes : mélange de champignons blancs et cèpes séchés, ou blancs et shiitakés frais pour un échange de saveurs remarquable.

Évaporer l'eau des champignons (80-90 % de leur poids) concentre leur goût. Les champignons chestnut, plébiscités par Anna Del Conte et America's Test Kitchen, excellent en texture et saveur. Nos tests préfèrent les cèpes séchés pour leur profondeur. Angela Hartnett utilise uniquement des séchés, intense mais manquant de jutosité. Astuce d'Ottolenghi : poudrez-les pour une "poussière magique" en pâte, ou trempez-les 20 min et utilisez l'eau de trempage.

Pour un parfum sans texture gommeuse, broyez les cèpes séchés avant infusion.

Toutes les recettes démarrent par un soffritto : oignons (ou échalotes), carottes et céleri pour la profondeur. L'ail s'impose (Hazan, Hartnett, Harris, ATK). Thym pour une note poivrée, évitez le romarin trop dominant. Ottolenghi ajoute cumin et harissa pour une version épicée avec lentilles et orge, parfaite végétarienne rivalisant avec un bolognaise.

Tomates en conserve, réduites, apportent douceur (Hazan). Anchois fondants boostent le sel (option non végé). Miso et sauce soja chez Ottolenghi, inutiles avec cèpes mais utiles si besoin.

Vin blanc ou xérès sec (Del Conte, Hartnett, Hazan) complexifie ; bouillon de cèpes suffit. ATK opte pour crème, riche et fromagé. Terminez huile d'olive et parmesan.

Penne (Del Conte, Hazan), campanelli, farfalle (ATK), pappardelle ou tagliatelle (Harris, Silver Spoon). Préférez longues et fraîches pour épouser la sauce épaisse.
Préparation 15 min
Cuisson 30 min
Pour 2 personnes (x2 facile)
20 g cèpes séchés
1 c. à s. huile d'olive
1 c. à s. beurre (ou huile supp.)
½ oignon, pelé, en petits dés
½ carotte, en dés
½ branche céleri, en dés
2 gousses ail, pelées, écrasées
2 brins thym frais, feuilles
250 g champignons marrons, tranchés ½ cm
100 g tomates concassées
3 c. à s. xérès sec ou vin blanc
200 g pâtes (tagliatelle ou pappardelle fraîches idéales)
Huile d'olive EV et parmesan râpé, pour servir (facultatif)
Poudrez les cèpes, mélangez à 100 ml eau chaude en pâte. Infuser.

Chauffez huile + beurre, dorez oignon.

Ajoutez carotte, céleri ; cuisez tendres. Ajoutez ail, thym 30 s.

Montez feu, ajoutez champignons ; dorez sans vapeur. Déglacez xérès/vin, évaporez. Incorporez tomates + pâte cèpes (goûtez, filtrez si granuleux). Cuisez 10 min couvert.

Faites bouillir pâtes salées.

Assaisonnez sauce. Égouttez pâtes (réservez eau), mélangez. Ajoutez eau si épais. Huile EV, parmesan.
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