Du ragoût Bloody Mary à l'agneau aux tomates cerises rôties lentement, ce rituel hebdomadaire de bien-être se révèle délicieusement réconfortant.

Il y a quelques années, j'ai eu le sentiment de perdre pied. Une situation professionnelle stressante a amplifié mon anxiété, me plongeant dans un état d'inquiétude perpétuelle.
Je paniquais, ressassais sans fin les événements au point de perdre confiance en moi. Les nuits étaient agitées, et même se lever le matin devenait un défi. J'ai essayé toutes les méthodes recommandées : exercice, yoga, et même l'adoption d'un chiot pour apaiser mes nerfs.
Mais finalement, c'est la préparation de pâtes qui m'a sauvée.
Un samedi soir, après une journée morose, j'ai eu besoin de m'immerger dans une tâche simple. Je voulais retrouver la magie de créer quelque chose de basique. Verre de vin en main, Frank Sinatra en fond sonore, j'ai commencé à pétrir.
Œufs et farine se sont mués en une pâte jaune vif que j'ai aplatie, étirée et pliée sur That's Life. Canaliser la frustration d'une semaine difficile dans cette pâte était étrangement libérateur.
J'ai tant aimé cela que je l'ai répété le samedi suivant, puis encore. Ce rituel ancrant est vite devenu une habitude bienfaisante.
Quand je partageais mon enthousiasme avec des amis, ils s'étonnaient de tant d'efforts pour moi seule. Mais loin de la solitude, cela me valorisait et me rendait présent(e).
Peu à peu, ce rituel a restauré mon équilibre : un hobby, une distraction bienvenue. Surtout, il m'a initiée à la pleine conscience, en me focalisant sur le processus plutôt que le résultat. Le bonus ? Des plats délicieux qui me nourrissaient, me redonnaient énergie et outils contre l'anxiété.
Ce n'est pas une épopée héroïque, mais une histoire ordinaire : la mienne, celle des "pâtes du samedi soir", un rituel de soins personnels.
(Photo du haut)
Je prépare ce plat depuis mes 21 ans. Il figure dans mon premier livre de cuisine et reste un favori convivial. Inspiré d'une phase Bloody Mary, je l'ai imaginé un dimanche midi, en sirotant un pour guérir une gueule de bois. Les pâtes à la vodka, tendance des années 80 et en vogue aujourd'hui, m'ont guidée. La vodka, neutre, ajoute chaleur et piquant ; avec Worcestershire et Tabasco, un ragoût mijoté parfait pour des pappardelle au beurre.
Pour 6 personnes
Épaule d'agneau de 2 kg, avec os
2 c. à s. d'huile d'olive extra vierge
1 c. à s. de sel de mer
1 c. à c. de poivre noir fraîchement moulu
1 oignon, haché grossièrement
½ botte de céleri, haché grossièrement
2 gousses d'ail, hachées finement
800 g de tomates pelées entières en conserve
300 ml de vodka
125 ml (½ tasse) de vin rouge
2 feuilles de laurier fraîches ou séchées
1 c. à s. de sauce Tabasco
3 c. à s. de sauce Worcestershire
60 g (1½ tasse) de feuilles de chou frisé hachées
1 c. à s. de beurre salé
Parmesan Reggiano râpé
À servir avec
Pâtes fraîches : pappardelle
Pâtes sèches : conchiglie, rigatoni
Préchauffer le four à 150 °C (chaleur tournante).
Marquer la graisse de l'agneau à 1 cm d'intervalles, sans entailler la chair. Masser avec 1 c. à s. d'huile, sel et poivre.
Dans une cocotte ou plat à rôtir profond à feu vif, faire suer oignon, céleri et ail 5 min dans l'huile restante. Ajouter l'agneau graisse vers le bas, 5 min jusqu'à dorer.
Retourner, ajouter tomates (et moitié de leur jus d'eau), vodka, vin, laurier, Tabasco, Worcestershire. Bouillir, couvrir, enfourner 4 h jusqu'à effilochage.
Écumer l'huile, effilocher l'agneau dans la sauce.
Faire bouillir une grande casserole d'eau salée comme la mer. Cuire pâtes al dente, ajouter chou frisé 2 min avant fin.
Incorporer pâtes égouttées et chou au ragoût avec beurre. Servir avec parmesan.
La feta mérite plus d'égards que les fromages français crémeux. Salée, acidulée, friable, elle sublime des pâtes au brocoli simples. Sans anchois ni saucisse, la feta fond en sauce crémeuse, végétarien carnassier-approved.

Pour 4 personnes
1 grosse tête de brocoli
2 c. à s. d'huile d'olive extra vierge, plus pour arroser
3 gousses d'ail, hachées finement
Pincée de flocons de piment
Sel de mer et poivre noir fraîchement moulu
120 g de feta grecque
Zeste d'1 citron râpé
Poignée de parmesan Reggiano râpé
À servir avec
Pâtes fraîches : orecchiette, cavatelli/malloreddus
Pâtes sèches : conchiglie, fusilli
Faire bouillir eau salée. Peler tige brocoli, trancher 1 cm, fleurons 2 cm. Blanchir 3 min, égoutter, réserver. Cuire pâtes.
Hacher brocoli finement. Faire revenir ail 1 min dans huile, ajouter piment, brocoli, sel léger. 5 min avec 125 ml eau pâtes jusqu'à tendre.
Verser pâtes al dente dans sauce avec feta, eau pâtes pour crémeux. Ajouter zeste, parmesan. Arroser huile.
Inspiré des marchés du samedi, avec mozzarella bufflonne exceptionnelle de Vannella. Sauce séduisante : acidulée, douce, riche. Agitations répétitives réconfortantes. Tomates rôties coupent la richesse.

Pour 2 personnes
250 g tomates cerises, coupées en deux
2 gousses d'ail, finement tranchées
2 c. à s. huile d'olive extra vierge, plus pour arroser
Sel, poivre
125 g mozzarella bufflonne, hachée
Saumure du sachet
100 ml crème liquide
1 c. à s. beurre salé
Poignée parmesan Reggiano râpé, plus extra
À servir avec
Pâtes fraîches : farfalle, garganelli
Pâtes sèches : farfalle, fusilli, penne, rigatoni
Four 130 °C (tournante). Tomates/ail sur plaque, huile, sel/poivre, rôtir 1h30-2h jusqu'à chips.
Fondre mozzarella (2½ c. à s. saumure, crème, beurre) 15-20 min, remuer, écumer résidus.
Pâtes al dente dans sauce + 60 ml eau + parmesan. Servir sur tomates, huile, parmesan, poivre. Immédiatement.
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