La cueillette de fruits de mer et les dîners ensoleillés évoquent pour moi les vacances à Tiree. Ces souvenirs inspirent ce délicieux plat de pâtes à l'ibérique.
La recherche de nourriture est à la fois écologique et profondément authentique. Le meilleur aspect ? L'adrénaline dépensée pour obtenir un aliment est proportionnelle au plaisir qu'il procure. J'ai appris cela enfant, quand ma mère nous emmenait, mes frères, sœurs et moi, escalader les pilotis glissants sous l'ancien quai du ferry à Scarinish, sur l'île de Tiree, pour ramasser des moules.
Ces moules poussaient sous la ligne de marée, les vagues de l'Atlantique léchant nos chevilles – ou nos cuisses selon la mer. Maman nous encourageait à y aller quand le ferry n'était pas à quai, pour éviter que les touristes nous imitent.
Nous passions nos vacances à forager : piégeant homards et crabes, chassant escargots, champignons, bigorneaux, patelles et, avec un regret aujourd'hui, œufs de mouettes.
Je scrute toujours les jetées en quête de belles moules, mais en vacances, mes enfants préfèrent l'escalade.
Ma mère affirmait que ces trésors valaient une fortune dans les restaurants snobs de Londres – et frais de surcroît ! Le risque rendait tout plus savoureux, surtout la cueillette de moules.
Glissant sur les algues, nous lacérions nos doigts aux balanes pour remplir des seaux de moules bleues, plus grosses qu'ailleurs. De retour au gîte, place au festin.

Maman testait le premier plat « pour vérifier la sécurité » – gourmandise oblige. Cuites à la marinière comme en France, avec oignons, crème, vin blanc et leur propre jus, les moules révélaient une chair ivoire ou cuivrée, caoutchouteuse à souhait, sucrée-salée.
Un festin de moules me replonge dans ces dîners bruyants autour d'une table, coquilles vides en pyramide, parfois une perle en prime.
Aujourd'hui, je scrute les jetées pour des moules. Mes enfants escaladent ou sautent en combinaisons, arrachant les grappes. On les grille au barbecue, fume ou déguste crues si l'eau est pure – plus iodé que les huîtres !
Notre recette favorite puise dans la cuisine ibérique : le porc sublime les fruits de mer, et le jus des moules cuit riz ou pâtes pour un plat doré irrésistible.

Pour 2 personnes
1 kg de moules, grossièrement nettoyées – jeter celles qui ne se ferment pas
¼ de chorizo, coupé en petits dés
1 oignon, haché
3 gousses d'ail, hachées
Flocons de piment
200 ml de vin blanc
Poivre noir moulu
200 g de spaghettis ou tagliatelles
Huile d'olive
Une poignée de persil haché
Faire revenir oignon et ail dans l'huile d'olive jusqu'à tendreté. Ajouter chorizo et flocons de piment. Réserver.
Dans une grande casserole à couvercle, porter le vin à ébullition. Ajouter les moules, couvrir, cuire à feu vif. Remuer après quelques minutes, recouvrir. Répéter.
Vérifier une moule : coquille ouverte, chair ferme. Égoutter en réservant le jus bouillant. Filtrer dans une casserole moyenne, ajouter eau pour cuire les pâtes (sans sel).
Décortiquer les moules tièdes (ôter la barbe, sable), en laisser quelques-unes en coquille. Mélanger chair aux oignons-chorizo, poivrer, pimenter. Chauffer avec huile.
Pâtes al dente : égoutter, mélanger avec sauce. Laisser reposer, délier si besoin avec jus de cuisson. Servir avec poivre et persil.
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