Ces recettes de desserts authentiques s'inspirent des traditions familiales, du Japon à l'Irak, transmises par les mères des auteurs. Parfaites pour célébrer la fin du Ramadan.

Ce mercredi marque la fin du mois sacré du Ramadan en 2021. Au coucher du soleil, le jeûne prend fin, laissant place à l'Aïd al-Fitr, la fête de la rupture du jeûne qui dure trois jours.
Comme à Noël, c'est l'occasion de visiter la famille, d'échanger des cadeaux, de décorer les maisons de lumières et de fleurs, de porter de nouveaux vêtements et de préparer des douceurs maison.
Cette célébration spirituelle remercie Dieu pour la force accordée pendant le jeûne. Elle met l'accent sur la charité – une valeur islamique fondamentale –, le pardon et la recherche du pardon. Les salutations « Eid Mubarak » (Aïd béni) résonnent, et dans les pays à majorité musulmane, c'est un jour férié national.
Comme la madeleine de Proust évoque les souvenirs d'enfance, ces maamoul à la semoule me transportent à l'Aïd. Voici la recette de ma mère, issue de Tripoli au Liban, influencée par la Syrie.
Passionnée de pâtisserie, j'ai grandi dans la cuisine de mes parents, originaires de Tripoli, célèbre pour ses douceurs moyen-orientales. Maman me confiait les petites tâches, et je dévorais les bols de pâte – l'origine de mon amour pour les desserts.

Le signal de l'Aïd ? Une couverture étalée au sol pour préparer les maamoul : pâte à semoule farcie de noix ou dattes, saupoudrée de sucre glace. Leur parfum ravive instantanément les souvenirs.
Ma mère en préparait des kilos, emballés individuellement pour la famille proche. Chaque matriarche revendique la meilleure recette, mais celle de maman à la pistache est inégalable : fondante et parfumée.
Préparez la pâte et les farces la veille, ou en une fois. Comptez du temps pour le montage.

Pour la pâte :
½ c. à c. de levure sèche en poudre
2 c. à c. de fleur d'oranger
2 c. à c. d'eau de rose
250 g de beurre non salé ramolli
½ tasse de sucre semoule
500 g de semoule fine
3-4 c. à s. de lait
Pour la farce (datte) : 100 g de pâte de dattes, 50 g de beurre ramolli, 1 c. à c. d'eau de rose, poignée de noix concassées.
Alternative (pistache) : 250 g de pistaches hachées, 1 c. à c. de fleur d'oranger, 1 c. à c. d'eau de rose, sucre au goût.
Préchauffez le four à 250 °C (sans convection).
Mélangez levure, fleur d'oranger et eau de rose. Travaillez le beurre ramolli avec le sucre jusqu'à dissolution, ajoutez la semoule. Incorporez la levure, puis le lait petit à petit jusqu'à ce que la pâte s'agglomère.
Pour la farce datte : mélangez tous les ingrédients. Formez des boules de pâte taille balle de golf, creusez un puits, farcissez, refermez.
Utilisez un moule à maamoul libanais : aplatissez, démoulez sur plaque. Cuisez 20 min jusqu'à dorure légère.
Saupoudrez pistache de sucre glace chaud, puis froid. Dattes nature. Conservez en boîte hermétique ou papier sulfurisé.
Ma famille turque a vécu 20 ans au Japon avant l'Australie. Maman, d'Eskişehir, et papa, de Burdur, y ont élevé mon frère et moi. Le Japon reste spécial, malgré mon adaptation à Sydney.

À Tokyo, école internationale, amis multiculturels, dont musulmans nippo-turcs. Le Ramadan y était intime : jeûne, iftars partagés, malgré la rareté du halal.
Les iftars du Ramadan ne signifient pas seulement avoir des invités, mais penser consciemment à l'acte de partager votre nourriture avec les autres.
Ma mère invitait musulmans et non-musulmans, emplissant la maison d'arômes. Star des desserts : tapioca sucré à la gelée de café, japonais et irrésistible.
Texture unique des perles de tapioca dans lait de coco. Rafraîchissant l'été.

Ingrédients (4-6 pers.) :
4 c. à s. de café instantané
2 sachets de kanten (gelée végétale japonaise)
200 g de petites perles de tapioca
1 L de lait
400 ml de lait de coco
10 c. à s. de sucre
Préparez à l'avance. Gelée café : bouillir 1 L d'eau, dissoudre café et kanten, verser dans plat, refroidir.
Tapioca : bouillir jusqu'à transparence, rincer froid. Chauffer lait, coco, sucre ; cuire tapioca dedans. Réfrigérer.
Couper gelée en cubes, mélanger. Servir frais en verrines.
Sueda Ugurlu, étudiante à Amity College (Sydney), née au Japon de parents turcs.
Ce dessert me ramène à Bagdad et au nord irakien, chez ma grand-mère. Né là-bas, j'y ai vécu 11 ans, entre joie familiale et guerre.

Cuisine du nord unique : turshana, compote de fruits secs prisée en temps de disette, comme en 2003. Facile, réconfortante, aimée de tous.
Mes années irakiennes m'ont façonné : rires, famille élargie. Malgré la guerre – bunkers, pertes –, il y avait une solidarité profonde.
Quand je fais du turshana, mon cœur revient aux jours froids de confinement à Bagdad.
Refuge en Jordanie (HCR aidant), puis Australie chez l'oncle. Ce plat unit passé et présent.

Ingrédients :
1 tasse de pruneaux secs
1 tasse d'abricots secs
1 tasse de raisins secs dorés
½ tasse de sucre
1 bande de zeste de citron
2 clous de girofle
¼ c. à c. de piment de la Jamaïque
Eau
Couvrir fruits d'eau, bouillir, mijoter 15 min couvert. Ajouter sucre, zeste, épices ; mijoter 10-15 min découvert jusqu'à épais. Refroidir, ôter épices. Réfrigérer. Servir avec riz, amandes grillées.
[]