J'espère que le festin de prunes de la semaine dernière a aiguisé votre appétit pour cette gourmandise fruitée : la pêche, assurément l'un des fruits les plus sucrés et envoûtants. Une bouchée juteuse et fondante, encore tiède de l'arbre, suffit à me convaincre que la Genèse s'est trompée. Le fruit tentateur d'Ève devait être une pêche : courbes généreuses, fente suggestive, duvet soyeux sur une peau rosissante, chair tendre et juteuse. Une pêche mûre est le summum de la tentation. Ne pas en croquer serait un péché !
Originaires de Chine, où poussent encore des variétés sauvages au goût acidulé, les pêches ont voyagé via la Route de la Soie jusqu'en Perse, où elles se sont épanouies, gagnant le nom latin Prunus persica. Alexandre le Grand les introduisit en Grèce, et les Romains les diffusèrent en Europe.
Certains me trouvent optimiste de cultiver des pêches dans mon jardin du Devon, mais l'histoire leur donne raison : des noyaux datant du IIe siècle ont été découverts près de Billingsgate à Londres. Les grandes serres des manoirs anglais en produisent depuis des siècles. Vous aussi, vous pouvez réussir, surtout dans un jardin abrité et ensoleillé, contre un mur sud. Les citadins obtiennent souvent de meilleurs résultats en extérieur que les ruraux.
Mark Diacono, jardinier en chef à River Cottage et expert des opportunités climatiques, m'a convaincu d'essayer. Les pêches doivent mûrir sur l'arbre pour développer leur sucre maximal – d'où la déception des importées, cueillies vertes pour le transport, à la chair filandreuse. Cultivez-les pour savourer leur nectar coulant !
À River Cottage, nous privilégions Peregrine dans les coins chauds, Rochester et Redwing ailleurs (floraison tardive anti-gel). Pour petits espaces, Bonanza naine (1,3 m en pot, autofertile, très productive). En serre, elles deviennent imposantes.
Les pêches mûres se dégustent nature : au petit-déjeuner pour une journée radieuse, ou en fin de repas. Mais impossible de résister à des recettes simples qui exaltent leur saveur : grillées sauce framboise, salade, slump – idéales même pour des fruits moins parfaits.
Ma version de la Pêche Melba d'Escoffier (1893, pour Nellie Melba). Pour 4 personnes.
4 pêches
2 c. à soupe de miel clair
2 c. à soupe de beurre doux
1 gousse de vanille fendue
Sauce :
350 g de framboises
1 c. à soupe de jus de citron ou lime
2 c. à soupe de sucre glace
Pour servir : glace vanille (optionnel)
Préchauffez le four à 220°C/425°F/th. 7. Halvez les pêches, dénoyautez, posez côté coupé dans un plat. Arrosez de miel, ajoutez beurre, grattez vanille dessus, insérez un morceau par demi. Cuisez 15-20 min jusqu'à tendreté caramélisée.
Pour la sauce : mixez moitié framboises avec un filet d'eau, tamisez, ajoutez jus et sucre au goût.
Servir : 2 demi-pêches chaudes/arrosées sauce/framboises restantes/glace si désiré.
Salade d'été alliant sucré-salé : pêches, jambon cru, ricotta crémeuse. Pour 4.
4 pêches mûres, dénoyautées en quartiers
8 feuilles menthe ciselées
1 c. à soupe vinaigre rouge ou balsamique
Sel, poivre
1 c. à c. moutarde Dijon
3 c. à soupe huile olive EV
Poignée roquette
12 tranches prosciutto
200 g ricotta
Mélangez pêches/menthe. Vinaigrette : vinaigre/sel/moutarde + huile. Arrosez ¾ sur pêches.
Disposez roquette/prosciutto/ricotta en quenelles/pêches/vinaigrette restante/poivre. Servir tout de suite.
Pudding américain estival simple. Ajoutez mûres si envie. Pour 4-6.
8 pêches
3-4 c. à soupe sucre muscovado clair
½ gousse vanille fendue
180 g farine
2 c. à c. levure chimique
4 c. à soupe sucre semoule
Pincée sel
Pincée cannelle (opt.)
80 g beurre doux + graissage
100 ml lait entier
75 g yaourt ou babeurre
1 œuf
Four 200°C/400°F/th. 6. Pelez pêches (X base/eau bouillante/eau glacée), coupez en 6.
Beurrez plat, mélangez pêches/sucre/vanille, étalez + beurre.
Pâte : farine/levure/sucre/sel/cannelle + beurre chapelure. Liquides battus, incorporer doucement. Cuillerées sur fruits. Cuire 25 min (doré/bouillonnant). Repos 5 min.
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