La cheffe et auteure australienne Skye Gyngell imagine son dernier repas : une simple et délicieuse bouillabaisse, savourée au coucher du soleil.
La nourriture et la mémoire sont indissociables pour moi. Nostalgique par nature, mes souvenirs les plus précieux tournent autour de la gastronomie et des instants partagés. Je choisirais un plat festif, rare et convivial.
Je cuisinerais moi-même ce repas ultime, dans une vaste cuisine ouverte, entourée de ma famille et mes amis. Une longue table installée dehors, à l’ombre d’un arbre, lors d’une douce soirée d’été : un vrai bonheur.
De quoi aurais-je vraiment envie ? Une bouillabaisse s’impose, synonyme de chaleur méditerranéenne, de bord de mer et d’un heureux souvenir avec mes parents.

Je l’ai découverte à 17 ans au restaurant Claude, à Sydney, pour mon anniversaire. Tous les vendredis, ce petit bistrot français ne proposait que de la bouillabaisse : un bouillon onctueux infusé au safran, lié d’une rouille crémeuse et épicée, suivi du poisson fondant.
Cette soirée a éveillé ma passion pour la cuisine. J’admire encore cette audace de miser sur un seul plat parfait.
Pour une bouillabaisse authentique, un marché aux poissons frais est indispensable – idéalement en bord de mer, comme dans le sud de la France. Tomates mûres, fenouil, safran et eau de mer pure : des ingrédients au summum de leur qualité.
À boire ? Un rosé de Bandol, au croquant élégant, s’accorde divinement avec le poisson. Pour le dessert, une pêche juteuse, bien glacée.
Le restaurant de Skye Gyngell, Spring, ouvre le 14 octobre 2014 à Somerset House à Londres.
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