Voici une photo de mes grands-parents maternels, Bertha et Jack Lever, prise à la fin des années 1940 à Blackpool. C’est là que la plupart des habitants de Bolton passaient leurs vacances annuelles, la fameuse « semaine de réveil ».
Je me souviens d’y avoir été emmenée par grand-mère et grand-père quand j’étais petite. J’ai dormi dans un lit improvisé sur le sol de leur chambre, dans la pension où ils séjournaient. J’étais leur premier petit-enfant, ce qui explique sans doute pourquoi j’ai eu droit à ce privilège.
Mes grands-parents ont joué un rôle essentiel dans mon enfance. Après la mort de mon père dans un accident de voiture, alors que j’avais neuf ans, ils sont venus vivre avec nous. Ils avaient tenu un magasin à Little Lever, qu’ils ont vendu pour s’occuper de nous quatre enfants, permettant à notre mère de travailler, puis de devenir assistante sociale. Leur présence nous a apporté un sentiment de sécurité immense durant cette période traumatique.
Grand-mère nous préparait toujours un repas chaud à notre retour de l’école, accompagné de pain et de margarine pour nous caler. Le beurre était réservé aux dimanches.
Grand-père travaillait à la filature de coton Sandy et nous donnait chaque samedi un shilling à chacun. C’était notre premier argent de poche ; ces pièces en laiton à douze faces nous semblaient les plus belles du monde.
Grand-mère était l’une des trois filles d’une famille de 13 enfants. Grand-père l’avait courtisée en l’aidant à tourner la lourde manivelle du rouleau à linge chez elle. Ses frères se moquaient de lui pour ce « travail de femme », mais sa gentillesse avait conquis son cœur.
Leur vie n’était pas facile. Au début de leur mariage, grand-père était installateur – un emploi stable mais mal payé. Pendant la dépression des années 1930, il est resté sans travail deux ans, mais grand-mère a tenu le coup grâce à une gestion rigoureuse des finances.
Quand il travaillait, il lui remettait son salaire hebdomadaire ; elle lui rendait un peu d’argent de poche. Toujours économe, elle utilisait une boîte à quatre compartiments pour répartir l’argent : loyer, charbon, nourriture. Le reste servait aux réparations de chaussures, vêtements et occasions spéciales.
Malgré sa frugalité, grand-mère était d’une grande générosité. Quand le frère de grand-père, Alf, et sa femme sont décédés, laissant trois enfants, la famille voulait les séparer. Mais elle les a tous pris chez elle avec ma mère et son frère, les élevant comme les siens.
Lorsque j’ai amené mon premier enfant de deux mois, elle rayonnait de joie. Mes trois fils ont tous bénéficié de ses berceuses, enveloppés dans son tablier, bercés par sa voix douce et chevrotante : « Sois au revoir, babio / Enveloppe-le dans du calicot / Envoie-le à Americo / Sois au revoir, babio. »
Elle est décédée avant la naissance de ma fille, mais en la couchant dans son ancienne chambre chez ma mère, j’ai senti sa présence intense derrière moi. Mon bébé a dormi paisiblement.
Aujourd’hui, j’ai moi-même des petits-enfants et j’adore passer les vacances d’été en camping avec eux – à Cornwall, pas à Blackpool.
Marie Macarthur
Country par Keith Jarrett
Ce morceau de jazz, joué en boucle fin des années 1970, était la bande-son de notre vie familiale. Imaginez des enfants pieds nus sur une moquette marron usée, des portes-fenêtres laissant filtrer la lumière à travers la poussière, un piano dans un coin pour nos chansons improvisées, et une radio dans Rose Cottage, deux maisons réunies dans un village.
Je le connaissais aussi bien que chaque détail de notre canapé à motif William Morris, avec ses déchirures et marques sur les meubles anciens, reflétées dans la mélodie.
C’était du jazz accessible : un dialogue structuré entre saxophone et piano, tempéré par la contrebasse, avec les gémissements vocaux de Jarrett comme instrument supplémentaire. Il évoquait les négociations quotidiennes entre adultes et enfants – saxophone enfantin, piano rationnel et didactique.
Il résume mon enfance : meubles vintage, fusées éclairantes, fourmis d’été, cabane dans les arbres, teintes sépia, films de Woody Allen, Beatles. Une innocence et une liberté intrépide.
Mon père dit que les années 1970 étaient hédonistes, héritage des années 1960. Ce morceau capture l’essence d’une époque irremplaçable.
Anna Bradley
Ingrédients
Épinards – grand sac
Fromage feta – deux blocs
Origan et poivre de Cayenne
Pâte filo – un paquet
Faire fondre les épinards, les égoutter et les hacher finement. Mélanger avec le fromage et les assaisonnements. Prendre des feuilles de pâte filo (couper en deux si nécessaire pour une longueur de cigare), déposer une cuillerée de farce le long du bord, rouler fermement. Frire dans l’huile chaude jusqu’à ce qu’ils soient dorés. Servir chaud.
Dans les années 1990, vivant en Turquie où j’enseignais l’anglais, j’ai découvert une cuisine riche en fruits, légumes frais, fromages forts, olives et huile d’olive. Le börek, pâtisserie filo farcie de viande ou fromage, est un favori. Le sigara börek, tubes croustillants au fromage blanc, est divin.
En voyage avec mes parents dans le sud-ouest turc, nous l’avons adopté comme tradition de Noël. Ma recette n’est peut-être pas traditionnelle, mais elle est délicieuse.
Jackie Vural
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