Cuisiner pour soi est un plaisir rare dans cette cuisine animée, mais quel régal ! Des crostinis simples au fromage fondu et des pâtes aux anchois et à l'oignon font des compagnons idéaux.

La dernière fois que j'ai dîné seule, j'ai préparé une omelette aux trois œufs surmontée d'un anchois. Visuellement peu appétissante, comme une limace sur un édredon, elle était pourtant délicieuse : dodue sur les bords, moelleuse au centre, cuite au beurre. Dévorée en un clin d'œil, sans même rincer l'assiette.
L'omelette aux trois œufs est mon choix favori pour un repas solo, rare à cette étape de ma vie (mère d'un jeune enfant, partenaire télétravaillant). J'ignore alors les restes de tests culinaires pour des plats minimalistes : omelette (la plus savoureuse en une minute), œufs brouillés, ou trois tranches de pain de campagne coupées en deux, garnies de 100 g de fromage en tranches (mozzarella, fontina, provola ou scamorza), six anchois et un filet d'huile d'olive. Cuits au four à 180 °C/160 °C ventilé/gaz 4 pendant 10 minutes, le fromage fond en nappes généreuses. Que vous les appeliez crostini con formaggio e alici ou toasts au fromage et anchois, savourez-les brûlants, grésillants en bouche.
Parfois, la joie suprême est de ne rien cuisiner : vin et fromage, sans vaisselle. Tranches de fromages affinés avec crackers, ou deux Babybel et le talon de pecorino romano.
"Réveler" : c'est le mot qu'a utilisé mon amie Jacky pour décrire le plaisir de cuisiner seule après des années à nourrir quatre personnes entre son travail d'assistante sociale et la famille. Elle chérit chaque étape, du choix de la recette à la dernière bouchée. Elle cuisine aussi pour sa famille, ses amis, des œuvres caritatives. Mais son vrai bonheur ? Bricoler des braisages de lapin ou des tourtes, à son rythme, avec vin, livre et Instagram pour partager.
Ses photos "pinguent" sur mon téléphone : pages du livre de Deborah Madison, What We Eat When We Eat Alone. Né de la question "Qu'est-ce que tu manges seul ?", il dresse un portrait des habitudes solitaires : dîners élégants, festins secrets, frigos pillés dans la joie ou la solitude. Tous mangent ce qu'ils veulent, fidèle à la règle de Norman Douglas : "Fais toujours ce qui te plaît." Ma grand-mère, peu fan des repas solos, me confiait pourtant au rayon frais : les puddings individuels étaient "presque aussi bons que Grand-père".
Le chapitre "Saved by Sardines and Rescued by Pasta" évoque mon passé : sardines sur toast à Londres, puis à Rome, oignon confit avec anchois pour des pâtes umami. Toujours un délice, peut-être plus solo.
J'ai commandé le livre de Madison pour ses recettes et histoires pratiques, fantaisistes, dédiées à tous ceux seuls à table : "Que vos repas solitaires soient délicieux et la compagnie excellente."
Préparation 10 min
Cuisson 10 min
Pour 1 personne
Ingrédients :
3 tranches de pain de campagne ferme (pas au levain)
100 g de mozzarella, fontina ou scamorza
6 anchois
Huile d'olive
Coupez les tranches de pain en deux ou trois, disposez le fromage en morceaux adaptés, ajoutez les anchois par-dessus. Arrosez d'huile d'olive, enfournez à 180 °C pendant 10 minutes jusqu'à ce que le fromage fonde.
Préparation 5 min
Cuisson 15 min
Pour 1 personne
Ingrédients :
1 gros oignon, pelé, coupé en deux et émincé
1 noix de beurre
3 c. à soupe d'huile d'olive
3 anchois
150 g de spaghetti
Faites suer l'oignon dans le beurre et l'huile 14 minutes jusqu'à tendreté, ajoutez les anchois en fin de cuisson pour les dissoudre. Cuisez les pâtes al dente dans de l'eau bouillante salée, égouttez et mélangez avec l'oignon. Servez aussitôt.
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