Le Spam incarne l'innovation culinaire face aux défis historiques et traverse de multiples cultures, avec même des versions végétales disponibles.

Peu d'aliments suscitent autant de controverses que le Spam, cette conserve de porc transformé qui inspire amour ou dégoût.
Issue de la diaspora asiatique, je le considère comme un goût d'enfance. Son histoire dans les communautés asiatiques illustre ingéniosité et résilience. Il est souvent ardu d'expliquer à ceux qui froncent le nez que ce produit, bien américain, est perçu différemment dans les pays d'origine de nos parents.
Je partage cet amour pour la tranche rectangulaire de porc en conserve avec des millions d'Asiatiques et d'insulaires du Pacifique. Ancré dans les cuisines des Philippines, de Corée du Sud, du Japon et de Hong Kong, il s'intègre malgré les différences stylistiques. Comment cette viande américaine a-t-elle conquis ces terroirs ?
Spam et nouilles, Spam et riz, Spam et œufs : le Spam est un produit de commodité, ration de guerre, luxe et legs colonial. Créé en 1937 par Hormel Foods pour valoriser l'épaule de porc excédentaire, il comble un marché de charcuterie de qualité, abordable et durable.
À l'époque, les concurrents utilisaient des déchets ; la qualité du Spam séduit durant la Grande Dépression. Sa conservation et ses protéines en font une ration idéale. Il voyage ainsi mondialement pendant la Seconde Guerre mondiale : les États-Unis en achètent 68 000 tonnes.

Après-guerre, son succès décline en Europe mais explose en Asie-Pacifique. Aux Philippines, denrée chère des bases US, il symbolise la richesse. À Hong Kong, les cha chaan teng fusionnent cuisine cantonaise et imports comme le Spam pour les ouvriers.
À Hawaï, introduit par l'armée face aux restrictions de pêche, il intègre la cuisine locale.
La guerre de Corée l'implante en Corée : troqué par les GI, il inspire le budae jjigae, fusion coréeno-américaine.
À Singapour, je l'ai connu en économie/riz au curry ou frit maison : croustillant dehors, fondant dedans. Idéal sautée, mijoté ou en ragoût.
Relique coloniale mais indéniablement asiatique, le Spam brille par son innovation et sa richesse culturelle. Délicieux qui plus est.
Conscient des enjeux éthiques et environnementaux de la viande industrielle, notez OmniPork, "Spam" végétal prisé à Hong Kong, Macao et en Australie. Parfait substitut dans ces recettes.

Relique épicée de la guerre de Corée, ce jjigae fusionne saveurs locales et ingrédients US. Idéal en groupe, sur cuisinière portable ou plaque.
GoGoogchujang et gochugaru (pâte et flocons de piment coréen) en épiceries asiatiques.
Préparation 10 min
Cuisson 15 min
Pour 4-6
Pour le ragoût :
75 g kimchi
½ boîte (170 g) Spam, tranché
4 saucisses cocktail, tranchées
200 g tofu mou, tranché
2 oignons nouveaux, en tronçons de 3 cm
2 pleurotes royaux, fendus
½ botte enoki, coupés
500 ml bouillon chaud (et plus)
1 tranche fromage américain
1 paquet nouilles instantanées
½ oignon brun, tranché
100 g galettes riz
1 c. à s. fèves lard (facultatif)
Sauce :
3 c. à s. gochugaru
2 c. à s. gochujang
6 gousses ail haché
2 c. à s. sauce soja
1 c. à s. soju
Mélangez sauce, réservez. Superposez dans casserole : oignon, champignons, kimchi, sauce ; spam, saucisses, fèves, tofu. Versez bouillon, bouillir 4-5 min couvert.
Mijotez, ajoutez galettes et nouilles (sans assaisonnement). Ôtez couvercle, cuisez. Garnissez fromage, servez. Ajoutez bouillon au besoin.

Classique petit-déjeuner hongkongais réconfortant, rapide et familial.
Préparation 10 min
Cuisson 10 min
Pour 2
100 g macaroni coude
1 cm gingembre, pelé et tranché
750 ml bouillon poulet
½ boîte (170 g) Spam, tranché
1 oignon nouveau, tranché
1 c. à s. sauce soja
1 c. à s. sauce huîtres
2 œufs
2 c. à s. huile végétale
Mini bok choy, fendu et blanchi
Huile sésame
Huilez casserole, sautez gingembre 1-2 min. Ajoutez bouillon, sauces, bouillir. Cuisez macaronis 7-8 min.
Poêle : dorez Spam, réservez ; brouillez œufs.
Montez bols : macaronis/soupe, Spam, bok choy, œuf, oignons. Arrosez soupe, sésame.

Addictifs ! Utilisez pommes de terre désirée ou hollandaise.
Préparation 20 min
Cuisson 20 min
14 beignets
1 kg pommes de terre, pelées
1 boîte Spam
1 œuf battu
½ bouquet persil haché
3 oignons nouveaux (vert), hachés
3 piments verts longs, épépinés hachés
Sel, poivre blanc
Huile friture
Coupez, cuisez tendres. Écrasez, refroidissez. Incorporez Spam écrasé, œuf, herbes, piments. Assaisonnez.
Huile 3 cm chaude. Formez galettes 5 cm, frittes 4-5 min par côté. Servez chaud.

Plat philippin croustillant, revisité du porc US de base aérienne. Vinaigrette acidulée parfaite avec riz.
Préparation 10 min
Cuisson 15 min
Pour 4
2 boîtes (680 g) Spam, dés 2 cm
½ oignon rouge, coupé
2 piments oiseaux, tranchés
1 piment vert, tranché
1 c. à c. sauce poisson
1 c. à c. jus calamansi (ou citron vert)
1 c. à c. vinaigre blanc
1 c. à s. huile
Poivre
1 jaune œuf (facultatif)
Dorez Spam. Mélangez avec oignon, piments, sauces, poivre. Sifflez plaque, beurrez, servez sisig dessus.